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29/05/2008

Introduction

Il y a plus de dix ans que j’ai retranscrit sur disquette les mémoires de mon Grand Père, depuis, l’idée de mettre à la disposition du plus grand nombre ce récit, témoignage d’une vie, d’une époque, et d’évènements hors du commun ne m’a pas quitté.
Maurice s’est engagé à 18 ans en 1915, le jour même de la mort du premier mari de celle qui allait devenir son épouse. Blessé au bois de Saint Pierre Vaast, lors de l’ultime tentative de l’Armée française de percer les lignes allemandes sur le front de la bataille de la Somme, il est reversé par la commission de réforme dans l’artillerie au sein de laquelle il terminera la guerre et participera à l’occupation d’une partie de l’Allemagne après l’Armistice du 11 Novembre.
En 1921, il épouse Andrée, la sœur de l’épouse de son frère Félix dont il devint ainsi le beau-frère. Conscient dès 1933 des risques d’une nouvelle guerre, il participe à la formation des sous officiers de réserve tout en exerçant divers métiers. En 1937, il devint contrôleur des contributions indirectes à Montcornet dans l’Aisne se trouvant ainsi aux premières loges le 10 Mai 1940 lorsque les allemands passèrent à l’offensive. Les administrations respectives de mes grands-parents organisèrent le replis de leurs fonctionnaires, mais dans des directions différentes, ce fut l’exode, d’abord ensemble, puis chacun de son coté, la famille, enfants compris, se dispersant dans la France entière avant de se retrouver, après de multiples péripéties à la fin de l’été dans leur maison dévastée par l’occupant.
Hélas, c’est après avoir relaté cette période que Maurice interrompt son récit, il ne le reprendra pas, nous privant ainsi de son témoignage sur un épisode important de notre famille, la participation de l’ensemble de ses membres à la résistance. C’est sur cette implication, que nous, les petits enfants nous nous sommes construits et que nous sommes devenus ce que nous sommes.

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Au premier plan de G à D, Pierre, Claude, Jeanine, au second plan, Lucette, Andrée et Maurice
La Famille au grand complet en 1930


Comment rendre compte de la vie de Maurice et des siens en occultant le rôle joué par eux pendant la guerre de 1940 ? Janine incitant les prisonniers à s’évader avant leur départ pour l’Allemagne, ses frères participant à la récupération des armes et des équipements que les soldats français ont abandonnés dans les bois pendant la débâcle, Andrée « filtrant » les lettres de dénonciations dans son bureau de poste. Sans oublier la libération et cette situation exceptionnelle, Le Père et ses deux fils servant dans le même régiment de l’armée régulière, le lieutenant Maurice RENOUX, faisant office de commandant de compagnie (capitaine) avec sous ses ordres ses deux sous officiers de garçons. Cette aventure se terminera devant Saint Nazaire, dernière parcelle du territoire français à être libérée au soir de la capitulation de l’Allemagne le 8 Mai 1945.
Heureusement, Pierre et Claude nous ont apporté à leur tour leur témoignage sur cette période, j’ai repris leurs écrits pour relater cette époque. J’ai également bénéficié de la chronique écrite par ma mère sur la vie de la famille après la guerre.J’y ai ajouté mon petit grain de sel, au travers de deux modestes chapitres, témoin privilégié de l’époque clermontoise et de la mort d’Andrée en 1960.

18:05 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Maurice RENOUX

HISTOIRE de ma Vie

26 Octobre 1897 à Vincennes
19 Juin 1983 à Aubenas


Ces souvenirs dédiés à mes petits enfants et à leur descendance n’ont aucune prétention littéraire, je sais très bien, hélas, que je n’en ai pas les moyens. Qu’importe !
J’ai voulu simplement les renseigner sur beaucoup d’événements dont j’ai été le témoin oculaire et impartial. Ceux qui m’auront connu savent que je n’aime pas mentir et que je vais donner ma parole d’honneur que ce que j’ai écrit est réellement arrivé. Aucune exagération, simplement la vérité, sans aucune imagination.
Mes enfants ne sont pas exclus comme on pourrait le croire à la première ligne mais, pour une part ils ont été les témoins de ce que je me suis efforcé de raconter.
J’ai voulu, également, vous faire connaître mes origines.
Je n’ai connu qu’une grand-mère et sa sœur pour lesquelles je conserve une très grande admiration.

MES ASCENDANTS PATERNELS.

Je n’ai pas connu mes grands-parents, décédés le 6 et le 9 Février 1885, victimes tous deux du rude climat de 1’AUVERGNE et de conditions de vie misérables en comparaison avec celles que nous connaissons. Mes grands-parents étaient originaires de BOURG-LASTIC à 15 km du MONT-DORE. Mon grand-père était scieur de long, mais faute de travail dans cette profession, il s’est adapté suivant les circonstances : journalier, il fut tour à tour meunier, ou bien, quand la ligne de chemin de fer “PARIS-NIMES” fut construite, il travailla avec mon oncle François, son fils cadet.
Ma grand-mère se louait comme serveuse, le plus souvent dans les hôtels de LA BOURBOULE et du MONT-DORE pendant la saison thermale.
Ils sont inhumés dans le cimetière de BOURG-LASTIC.