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29/05/2008

RETOUR A LA VIE CIVILE.

Avant de penser au mariage, je devais me refaire une situation. Je repris donc le chemin de la rue du 4 Septembre, chez DRAULT, (dentelles, broderies) avec mon ancien chef M. MICHEL. Le travail avait bien changé. La crise dans la Haute Couture commençait, les femmes élégantes avaient abandonné les robes vaporeuses en dentelles, pour le tailleur ou la robe simple en tissus légers, (crêpes de CHINE, foulards, etc. . .). Mes collègues, comme moi-même, ne retrouvaient pas le chiffre d’affaires d’avant guerre. Or, nous étions payés à la commission, sans aucun fixe.
Félix donc, après son mariage avec Marcelle, avait appris le métier de coiffeur. Il parla de ma situation à un de ses clients qui était chef de service à la “Société Générale”. Celui-ci lui conseilla que je fasse une demande pour entrer dans la banque.
Je reçus une réponse favorable et je fus affecté à l’agence d’ASNIERES où je fis des additions du matin au soir, c’était fastidieux. Peu après, je partis à l’agence située à PARIS, près des Halles aux vins. C’était une des plus importante, car il y avait de très gros clients, (raffineries, marchands d’apéritifs et de vins en gros, etc.). Je fus frappé par les dispositions prises contre les gangsters. A chaque guichet, il y avait un pistolet automatique, non visible par les clients ainsi qu’un bouton d’alarme. De plus une carabine se trouvait dans le bureau du Directeur, ainsi que dans le local de la comptabilité.
Un jour le directeur m’informa que je devais me présenter à la Direction des Agences de PARIS située rue EDOUARD VII. Je fus affecté au service “Escompte et banque”, le même immeuble contenait également la Direction des Agences de Province, les Renseignements Généraux et les Renseignements Financiers. Nous étions répartis en sections comprenant six employés, hommes ou femmes, avec un chef de section. Nous avions un certain nombre d’agences à nous occuper. La partie “Escompte” consistait à enregistrer les effets de commerces “escomptés”. Il nous appartenait de vérifier si le “tiré”. , qui avait accepté une traite était honnête et jouissait d’un bon crédit. L’ensemble des renseignements permettait de connaître s’il s’agissait bien d’un achat réel et non d’une facture de complaisance. Le ‘tireur” qui remettait ainsi des traites dites de “Cavalerie” était vite démasqué et son crédit dans les banques était coupé. De même le “tiré”, qui était complice, subissait le même sort. Avec un peu de métier on arrivait à déjouer toutes les astuces, car dans les clients il n’y avait pas que des honnêtes gens.
Je me fis inscrire aux cours de perfectionnement (cours de comptabilité, de droit, de banque, etc. .). Je fus affecté spécialement à l’étude des affaires présentées à notre groupe d’agences. C’était très intéressant. Tous les renseignements recueillis étaient classés dans un dossier et résumés sur une feuille annotée par nos soins, puis transmise successivement à tous les degrés de la hiérarchie. L’employé était donc jugé au fur et à mesure des dossiers transmis.C’est pendant mon séjour à la Société Générale que nous décidâmes, Andrée et moi, d’unir nos destinées.
MARIAGE D’ ANDREE HENAULT ET DE MAURICE RENOUX.
Andrée et moi, sentions bien tous les deux que nous ne pouvions plus rester seuls. J’étais bien habitué à Luce, car je venais le plus souvent possible rue DUROC, où habitait Andrée et sa fillette. En ce qui me concerne, le fait qu’Andrée ait un enfant n’était pas un obstacle, Luce me témoignait beaucoup d’affection, et quand elle apprit que nous avions décidé de nous marier, elle fut la première à s’en réjouir (elle avait alors six ans et demi).
Nous passâmes Andrée et moi, devant le Maire le 15 Février 1921.
Nous avons trois enfants ensemble.
• Janine, née le 15 Septembre 1922.
• Pierre, né le 29 Décembre 1923.
• Claude, né le 03 Mars 1926.
Notre mariage réjouit donc Lucette, du coté de ma belle-mère (Marguerite HENAULT) et de Marcelle, ce ne fut pas pareil, et bien souvent on me faisait des réflexions sur la différence d’âge (Andrée était née en 1892 et moi en 1897). Enfin cela se tassa, nous nous sommes donc mariés le 15/02/21, le 21 Septembre 1922 naissance de Janine (Nine). Je pus apprécier toutes les qualités de Dédée qui à cette époque était “ma petite bichette”. Elle m’avait appris à aimer la musique et nous sortions, (Félix nous obtenait de temps en temps des billets de faveur de ses clients). C’était notre Lune de miel ! ! .
En dehors de mon travail, je m’étais fait inscrire au Club d’athlétisme de la Société Générale (ASG) et un soir je suis allé faire un tour au stade Jean BOUIN, je m’étais équipé sommairement, une paire de souliers de toile. Comme il y avait déjà sur la piste une douzaine de gars qui tournaient “au petit trot”, ce qui me paraissait lent, je voulus prendre la suite du peloton. Au bout de deux cents mètres je partis très...discrètement. Une autre fois, je me dirigeais vers le sautoir en hauteur, je pris mon élan, et en “ciseau” je le franchis sans difficulté. 1,45 m ! , Je n’avais aucun entraînement, je savais que ce n’était pas un exploit, mais j’étais content !

14:40 Publié dans Entre deux Guerres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Mariage

AU MARIAGE de Félix RENOUX avec Marcelle HENAULT.

Il me faut revenir en arrière, à l’époque où j’étais en traitement à PARIS. Mon frère Félix avait été fait prisonnier avec tout son bataillon à VAUQUIES en ARGONNE, en 19l5, il fut interné au camp de ZINCROU, près de la frontière autrichienne. Il travaillait dans une usine de pâte à papier. Beaucoup plus tard, dans l’été très probablement, je reçus une lettre de lui, dans laquelle il me disait qu’il venait de recevoir tout un lot de sous-vêtements et de chemises par l’intermédiaire d’un copain dont les parents étaient propriétaires du “café du cadran” à COLOMBES. Ce dernier, qui était déjà pourvu, donna le colis à mon frère. Mon frère me demandait d’aller remercier les donateurs du colis : c’était les propriétaires du salon de coiffure (M. et Mme HENAULT et leurs deux filles ; Andrée et Marcelle). Le salon de coiffure se trouvait en face du “café du cadran”. Je partis donc par le train pour COLOMBES et je me présentais de la part de mon frère. Je fus très bien reçu et l’on me fit monter à l’appartement pour pouvoir causer plus facilement. Je vis donc mes futurs beaux-parents (qui furent aussi les beaux-parents de Félix). Je vis aussi leur fille Marcelle, et une “petite poupée Lucette” qui jouait sur les genoux de son grand-père maternel. On m’expliqua que son père (Mr. Julien TOUX) avait été tué le 4 Mai 1915 ; Coïncidence, je m’étais engagé ce jour-là.
Les vêtements envoyés étaient les siens, sa veuve Andrée (mère de Lucette) ayant voulu en faire profiter des soldats prisonniers. On m’invita à revenir un dimanche afin de voir toute la famille. J’ai donc vu, pour la première fois Celle qui devait devenir ma femme, mais j’étais loin de me douter de cela. Mon frère Félix avait de son coté envoyé une lettre de remerciements tellement bien troussée que Marcelle s’écria aussitôt “Je l’adopte comme filleul”.
De mon coté, je m’étais présenté en tenue militaire (et pour cause), vareuse bleu foncé, culotte et bandes molletières, grand béret, cape bleu horizon, avec mon bras en écharpe (blessure de Novembre 1916), et ma figure de gamin, (du fait que cela se passait en 1917, j’avais vingt ans), j’ai su plus tard par “Dédée” que j’avais fait “mon petit effet”. J’eus probablement l’occasion de retourner à COLOMBES (mais je ne m’en souviens pas).
Peu après l’Armistice du 11 Novembre 1918, j’appris que mon frère Félix s’était évadé le 4 Novembre avec cinq copains et la complicité de femmes allemandes dont certaines se marièrent plus tard avec des français. Me trouvant en permission à PARIS, je reçus un télégramme destiné à mon père. Comme il avait été expédié de LYON, je fis le rapprochement, je l’ouvris et j’appris que mon frère Félix été bien arrivé à LYON. Aussitôt je me rendis “Au Bon Marché” où travaillait mon père pour l’avertir. Pendant que je lui parlais, j’aperçus Félix qui arrivait. Il vint près de nous (et les collègues de mon père s’attroupèrent autour de nous). Félix raconta brièvement son Odyssée. Dès qu’il fut restauré, rue RAMEAU, il fit sa toilette à fond, et nous allâmes à COLOMBES. C’était le 18 Novembre 1918, Andrée se trouvait chez ses parents. Elle nous invita à venir dîner chez elle, un soir avec sa sœur. Nous fûmes particulièrement bien traités, Dédée avait encore des bouteilles de VOSNE-ROMANEE (BOURGOGNE), l’ambiance fut excellente et explosive ! A la fin du repas, Dédée avait déjà pris une température très élevée. Elle voulait nous faire oublier la guerre en buvant, elle se prit au jeu. A cette époque, je tenais le coup, j’avais vingt et un ans, nous dûmes la coucher et placer une cuvette à coté d’elle. Je ris encore en écrivant cela, Pauvre Dédée ! Le souvenir de cette soirée, rue DUROC, ne me quittait pas et je compris qu’un lien venait de se nouer, entre Dédée et moi.

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Maurice et Andrée RENOUX

Je rejoignis mon régiment, le 271ème Régiment d’Artillerie de Campagne, porté en ALLEMAGNE. Félix et Marcelle se fiancèrent peu après, et ils fixèrent la date du mariage au 31 Mars 1919, je fus du mariage avec Dédée comme cavalière, et ce fut le commencement de nos amours. Après cette guerre qui avait fait tant de mal, nous avions l’un et l’autre un grand besoin d’affection. Félix et Marcelle eurent trois filles, Ginette, Madeleine, Claudie et prirent la succession du salon de coiffure de Monsieur et Madame HENAULT. Avec Andrée nous échangeâmes une correspondance très fréquente. Je fus démobilisé le 13 Septembre 1919.

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