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27/05/2008

De Villiers à Aubenas

Texte de Denise RENOUX

Après avoir vidé la maison de Clermont, Maurice s’installe donc, s’organise, s’active à Villiers il fait ajouter au moins 2 pièces au rez-de-chaussée, refait le garage, les toilettes. À l’extérieur, il refait la clôture, fait crépir la façade, etc.
Il est élu maire de cette petite commune peu après son installation. On ne peut pas énumérer toutes les activités extrascolaires auxquelles il participe (il organise des fêtes, des voyages de fin d’année). Il célèbre des mariages, complimente les nouveaux mariés en leur dédiant des poèmes en vers. Il assiste et préside à divers banquets (Fête des laboureurs... Société d’entraide à la Légion d’honneur). Il s’est constitué un répertoire de chansons, de poèmes. Nous avons droit à de longues lettres nous relatant ces faits. Il s’occupe très sérieusement de ses administrés, il fait refaire le toit de l’église, goudronner le chemin du cimetière, installer l’eau dans toutes les maisons. Il s’occupe individuellement des habitants, remplit des feuilles de sécurité sociale, des déclarations d’impôts; il utilise sa voiture pour rendre services aux uns et aux autres. Il écrit beaucoup à des personnalités, à des organisations, à des journaux. Il s’intéresse à tout ce qui se passe dans le monde. C’est à cette période là qu’il commence ses Mémoires. Il a, à l’époque, 76 ans.
Maurice avait contacté la famille de son épouse, cousines, cousins plus ou moins éloignés. Il leur rendait visite, les recevait... Il aimait recevoir des visites. Ces jours-là, Maurice mettait son tablier blanc, s’installait aux fourneaux et c’était toujours un régal. Il organisa le retour du corps d’Andrée de Courbevoie à Villiers où il avait fait faire un tombeau. Il se mit alors à parler de ses dernières volontés concernant ses obsèques. Il en inscrivit le déroulement tel qu’il désirait qu’elles se déroulent... Dans le moindre détail. (Ce que nous avons scrupuleusement respecté.)
Grâce à sa voiture, il venait de temps en temps «nous» rendre visite (Aubenas, Aix, Saint-Vallier). Ces séjours étaient de courte durée... Ces longs déplacements ont commencé à le fatiguer de plus en plus. Puis, il fut hospitalisé plusieurs fois au Blanc, sous-préfecture de l’lndre.
Il renonça à ses fonctions de Maire qui l’obligeaient à faire la navette entre sa maison et la maison de retraite de Clion (36). Il avait des malaises de plus en plus fréquents; c’est donc facilement qu’il accepta de venir s’installer au Foyer Résidence «Le Sandron », à Pont d’ Ucel, près d’ Aubenas, en 1975. Il vendit sa maison de Villiers et partagea l’argent de la vente entre ses quatre enfants.
Dès qu’il fut au Sandron, Maurice redevint coquet. Il fit de nouveau des poèmes. Il aimait utiliser sa voiture pour de courts trajets, visiter la région en compagnie d’autres pensionnaires du Sandron. Il allait presque journellement chez Pierre et Éliane. Il venait volontiers contrôler les améliorations que nous amenions à la maison de Salavas... Bref, Pépé revivait. Lorsque nous allions à Aubenas, il aimait nous inviter au Sandron. Nous présentant chaque fois aux uns et aux autres.
En décembre 1981, il fut hospitalisé en cardiologie. Au Sandron par la suite, le directeur déclara que son état de santé ne lui permettait plus de le garder en milieu non médicalisé. Périodes très pénibles, sur lesquelles je n’insisterai pas. Maurice RENOUX est mort le 19 juin 1983 à l’Hôpital d’Aubenas, Nous avons donc respecté ses dernières volontés et nous nous sommes retrouvés au cimetière de Villiers, en présence de la population de ce petit village. Il y repose à côté de son épouse