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29/05/2008

POURQUOI ET COMMENT NOUS QUITTAMES PARIS POUR LORIENT !

Démobilisé le 13 Septembre 1919, j’ai donc épousé Andrée le 15 Février 192l. Lucette avait alors six ans et demi ; Janine est née en 1922, Andrée travaillant aux “Chèques Postaux” au Ministère à PARIS. Nous habitions rue DUROC, je travaillais à la Société Générale.
Un camarade de régiment, Émile LECOMTE, habitant BREST, vint nous voir rue DUROC et fit la connaissance de Lucette, Janine et Pierre (18 mois). Il nous dit qu’il était représentant de fabriques travaillant pour l’alimentation. Il me dit “Il est possible que je puisse avoir l’occasion de te trouver des affaires semblables aux miennes”. Quelque temps après, il m’indiqua qu’un voyageur en café d’un importateur du HAVRE, lui avait signalé qu’à LORIENT le représentant de sa maison était malade d’un cancer et qu’il voulait céder son “portefeuille” de suite. Les conditions me parurent intéressantes : 12000 Frs de fixe annuel, une commission moyenne de 3000 FRS, tous les frais de route payés (voiture, essence, restaurant) moi qui ne gagnait que 7200 Frs annuels. Cela m’incita à faire le voyage et à signer le contrat proposé. De plus, Dédée était tout à fait d’accord pour quitter PARIS : le logement au 1er étage ne recevait jamais le soleil, Pierre avait eu une congestion pulmonaire et avait été sauvé de justesse. Lucette était très fragile et l’est restée, finalement, nous étions tous les deux assez “emballés”, c’était de notre âge !
Je partis en Septembre 1924, après avoir donné ma démission à la Société Générale un mois avant. J’avais eu l’occasion de rencontrer dans les couloirs mon chef de bureau et il me dit “Je le regrette beaucoup, car vous étiez très bien noté, et vous auriez pu avoir une promotion. Je vous souhaite bonne chance, et rappelez vous ce que je vais vous dire : votre séjour dans le service a été une bonne formation qui vous suivra toute votre vie”, Même maintenant, je m’aperçois qu’il avait raison : en trois années j’avais appris beaucoup plus que depuis mon enfance. Cette pratique de la comptabilité commerciale, des questions juridiques élémentaires et de la simple rédaction de notes ou de rapports me servirent par la suite.
En Septembre 1925, Dédée (qui était restée à PARIS et attendait un poste de receveuse de 6ème classe) eut des discussions épiques avec le Directeur du Personnel de son Administration. Le Directeur prétendait qu’elle ne pouvait pas être employée en tant que receveuse, (or le travail était le même et plus facile encore dans cette catégorie en raison de sa spécialisation).
Excédée, elle saisit l’encrier qui était devant elle sur le bureau du Directeur et lui lança à la tête. Réalisant ce qu’elle avait fait, elle se confondit en excuses. Elle eut beaucoup de chance d’avoir devant elle un homme très humain.
Il lui dit : ”Étant donné votre état, (elle était enceinte de Claude), rassurez-vous, je vais faire passer cela pour un accident”.
Elle attendit encore quelques semaines et fut nommée dans la MAYENNE à ARUN, (où elle exerça pendant quelques mois), puis elle se mit en congés de maternité et vint à LORIENT dans le logement très vaste que j’avais trouvé. Ma belle-mère était déjà là et s’occupait des enfants, Lucette, Janine et Pierrot. Le 3 MARS 1926, naquit à LORIENT (BRETAGNE) Claude, André, je le reçus des mains de la sage-femme

14:37 Publié dans Entre deux Guerres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Lorient

NAISSANCE DE CLAUDE, ANDRE RENOUX.

Heureusement, j’avais un tablier blanc pour aider la sage-femme. Le berceau n’était pas tout à fait terminé, je mis mon petit gars dans mon tablier en tenant de la main les deux coins du bas. Quand j’eus terminé d’arranger le berceau, je sortis mon petit bonhomme de mon tablier et le je mis dans son berceau. Quel doux souvenir pour moi, et comme je suis heureux de constater que la tradition s’est bien conservée. En 1973, à Saint VALLIER sur RHÔNE (DRÔME), autour du berceau de mon arrière petite fille Samuelle, j’ai revu un jeune papa (Pierre II, fils de Claude), très attentif et prévenant. Je suis convaincu qu’il en a été de même pour mes autres petits et arrières petits enfants.
Malheureusement ce bonheur fut vite gâché ! !!!
DEPART DE LORIENT ET RETOUR A COLOMBES.
Nous dûmes quitter LORIENT : Le patron avant de savoir qu’Andrée viendrait nous rejoindre avait vendu son “portefeuille” et le nouveau patron était arrivé. Je sentis que je ne pouvais plus rester dans les mêmes conditions et qu’il était préférable de partir de bon gré. En attendant le Maire de LORIENT, qui dirigeait la Coopérative, me mit en relation avec le Comité de la 1ère Foire Exposition de LORIENT. Je fus adjoint au Commissaire Général de cette manifestation et j’avais un bureau dans les locaux du journal régional “L’OUEST-ECLAIR”. J’avais à recevoir les exposants, les artistes. Mais cela ne dura, hélas, que le temps d’une foire (un mois environ).
RETOUR A COLOMBES : Nous trouvâmes un logement dans les H.L.M, et je pris une représentation en attendant mieux ! .En 1927, mon frère Émile (qui avait quitté “Le Bon Marché”, pour les mêmes raisons que moi : Gains insuffisants), venait de prendre à son compte un commerce d’alimentation, rue de la GRANGE-BATELIERE, près du Faubourg MONTMARTRE. I1 en était très content. Par son intermédiaire, on nous proposa de reprendre un fond d’Hôtel Café Restaurant à FERE en TARDENOIS, Canton de deux milles habitants. La guerre de 1914/1918 avait laissé bien des traces. La reconstruction avait apporté au pays une ère de prospérité. Nous prîmes possession de la maison le 4 Septembre 1927.