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16/08/2008

Les chantiers de jeunesses, les vendanges dans le Languedoc-Roussillon, l’abattage des arbres dans les landes:

Texte de Pierre-Jules RENOUX

A Uriage, c’est le P.C du groupement 12 des chantiers de jeunesse, c’est ce qui remplace le service militaire dans l’ex. Zone libre. Les responsables ne se posent pas de questions à mon sujet, je suis de la classe 43, cela leur suffit. Je suis aussitôt embauché pour l’abattage en forêt. C’est plus dur que dans l’Aisne, à cause de la pente. Successivement je vais à Gavent, Séchillienne. A la mi-septembre, on nous embarque pour les vendanges d’abord à Trouilhas par Salléles d’Aude dans la propriété des Saint-Exupéry puis à Arquettes en Val dans le Roussillon.
A la mi-octobre, on rentre dans l’Isère au col de la Morte pour débarder les arbres abattus et débités au cours de L’été Brrr...Ça commence à cailler à 1200 m

A la mi-novembre, nouvel embarquement, direction les Landes. L’objectif est d’abattre et de couper, à la dimension définie par les métreurs des eaux et forêts, les pins qui ont été touchés par un incendie. Il fait froid et humide, nous sommes mal logés et mal nourris.
Début janvier 44, des bruits commencent à circuler sur un éventuel départ en Allemagne. Je suis en éveil. De corvée de nettoyage au P.C de groupement à Saugnac et Muret, je pique une permission, la tamponne et attends mon heure. Je sais que ma soeur a obtenu par la résistance à Paris des faux papiers, et m’a trouvé un emploi. Dans la nuit du 15 janvier 1944, je prends à pied la route de Bordeaux 60 bornes à faire. Je suis en tenue de sortie et au petit matin, un camion me prend en stop sans problème. Il me conduit en gare de Bordeaux. J’ai une perm en règle. J’arrive à Paris en fin de soirée, avant le couvre feu. Je suis hébergé chez ma soeur Lucette et son mari Gaston. Ils vivent encore, elle a 80 ans et lui 83. Pendant ces années difficiles, ils ont été admirables et efficaces.

(Le texte date de décembre 1994, Gaston est décédé en 1998)

Garçon de course en triporteur à Paris:

Texte de Pierre-Jules RENOUX

Je travaille chez Franor, une maison genre Christofle. Le magasin est situé rue Royale, près de la Madeleine. L’entrepôt se trouve quant à lui rue Amelot, au 88, dans le 11ème; c’est une rue parallèle au boulevard des Filles du Calvaire. Moi, j’habite dans le 3ème, rue Michel Lecomte, au numéro 20. J’ai un triporteur. Le matin, je passe au dépôt prendre des colis qui sont préparés pour les porter à certaines adresses. Je ne me pose pas de questions, partant du principe que moins on sait de choses, mieux ça vaut. Je passe rarement au magasin de la rue Royale, mais ce travail me plaît car je suis à l’air et j’ai le sentiment d’être libre.
A deux ou trois reprises, j’ai un petit frisson quand les flics me demandent mes papiers. Je m’appelle Buisneau Pierre, suis né à Alger, habite à Villeurbanne, et travaille à Paris; ça fait désordre.
A la mi-avril, on me fait savoir que le réseau qui m’a fourni mes papiers vient de tomber. Je suis à la merci d’un contrôle trop pointilleux, il vaut mieux que je disparaisse pour ne pas mettre en danger la copine de ma soeur qui travaille à la préfecture, elle s’appelle Geneviève Audouin.

Je rentre aux F.T.P.

Texte de Pierre-Jules RENOUX

Un incident va précipiter les choses : c’est un samedi après-midi. Je suis à la mairie de Vic, bien au frais car dehors, il fait chaud, c’est le mois d’août. J’entends vociférer dans la rue. Je sors en curieux sur le perron. Je domine la situation. Une espèce de grand escogriffe, 1 m90 au moins, hurle en allemand. Je comprends tout de suite. Il vient de sortir de l’hôtel d’en face avec une femme, une française. J’apprendrai plus tard qu’elle était de Pont Saint Mard. Un des pneus de sa voiture stationnée sous le perron est crevé. Il crie : “terroriste saboteur !“. J’ai peut-être eu un sourire ironique. Soudain la femme me montre du doigt: “c’est lui ! D’abord à son age, il devrait être en Allemagne comme mon fils”. Bien sûr, je n’y suis pour rien. Je n’aurais pas été assez bête pour rester planté là. L’allemand se précipite pour me saisir. Sur mon piédestal je suis plus grand que lui. Je lui balance un grand coup de pied dans le bas ventre et un violent coup de poing à l’estomac. Il se casse en deux, j’en profite pour gagner au plus vite les bois qui bordent l’Aisne. Il n’est pas question de retourner à l’hôtel, je récupérerai mes affaires plus tard.
Je rencontre Suzanne Bardou, institutrice à Buzancy elle épousera plus tard un déporté, André Richier, dont trois soeurs sont mortes en déportation. Je lui raconte mon histoire. Elle me dit de retourner chez moi et d’attendre sans bouger. Un ou deux jours plus tard, je ne sais plus, se présente un personnage que je n’oublierai jamais. Massif en bourgeron bleu, un grand chapeau de soleil, un foulard rouge autour du cou, une main largement ouverte, il me prend par le bras et me dit: “Tu veux te battre, suis-moi”. Je l’aurais suivi au bout de la terre. C’est Henri Michel. Je lui dis: ‘j’ai des armes, est-ce qu’on les emmène? - Non, nous sommes à pied, là où on va, on t’en donnera”.

Retour dans I’Aisne et entrée officielle à Libé Nord:

Texte de Pierre-Jules RENOUX

J’ai volontairement perdu de vue mes copains du groupe, Gauthier Crépin en particulier. La Feldgendarmerie allemande et la gendarmerie française me collent aux basques depuis le 15 mars 43, inutile d’attirer les foudres sur ces hommes courageux qui ont commencé le combat dès l’automne 40.
Deux anecdotes amusantes : en juillet 43, avant mon départ pour Grenoble, je passe une journée à la maison. C’est la sieste. Tout à coup, j’entends ma grand-mère dans la chambre voisine, chambre avec vue sur la rue: “Tiens, les boches. Voilà les boches ! ” Ça fait tilt. Je saute du lit, passe un short et saute du premier Étage; dans le jardin. J’escalade le mur du fond et me retrouve dans le cimetière de l’Abbaye. Je me réfugie dans les bois près de mon dépôt d’armes où je sais que mon père va me trouver. C’était une fausse alerte, 2 allemands étaient simplement venus pour téléphoner: ils étaient en panne à 3 km du village.
Un mois plus tard, je suis dans le midi à Grenoble. La Feldgendarmerie se pointe à nouveau. C’est mon père qui raconte : “Il est 13h15 et la radio de Londres débite des messages personnels à plein pot. L’officier menace et dit “Verboten, hommes et jeunes peuvent être arrêtés”. Soudain, mon père a une idée de génie. Sur le poste de la radio, il y a une photo du cousin Jean, marin sur le Jean Bart dans l’atlantique. Il montre la photo barrée de tricolore en disant:
“Nous écoutons les messages personnels pour avoir des nouvelles de ce neveu qui est prisonnier des anglais”. L’allemand n’écoute même plus. Il est davantage préoccupé par les petits drapeaux rouges qui se rapprochent inexorablement de la frontière allemande. L’Italie l’inquiète aussi. La consultation de cette carte éloquente le laisse pensif et il part en disant : “Quand vous écoutez Londres, mettez moins fort et fermez les portes”.
Je dois dire que, dans l’ensemble, la population du village a été très correcte. Bien sûr, les visites fréquentes des deux polices inquiétaient les braves gens, mais ça n’allait pas plus loin. Si, une fois, une dame a dit à ma mère au guichet de la poste: “Madame, si votre gamin était allé travailler en Allemagne, mon fils qui est prisonnier depuis trois ans serait de retour”. Le chantage à la relève avait fait son effet. Cette femme a fait cette seule réflexion et n’a pas été plus loin.
Ma mère mettait de côté les lettres qui étaient adressées à la Kommandantur ou à la Gestapo. Elle les décachetait. En général, le contenu de ces lettres était insignifiant, demandes d’autorisation de déplacement ou de visite. Une seule fois, dans une lettre adressée à la Kommandantur, une mère dénonçait son fils prisonnier évadé parce que celui-ci vivait chez une femme qui ne lui plaisait pas. Cette lettre ne parvînt jamais aux allemands, mais ma mère trouva un moyen subtil pour prévenir les intéressés sans mettre le renard dans le poulailler.
Mon père qui a quitté Montcornet pour Soissons à la direction des contributions indirectes, m’a trouvé du travail sous un faux nom, avec une nouvelle fausse carte d’identité. J’ai même un vrai Ausweiss allemand sous une fausse identité.

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Groupe de résisants

Je récupère les métaux non ferreux pour le ministère de la production industrielle. Je suis affecté à Vic sur Aisne et j’attends en mairie que les gens veuillent bien apporter douilles, casseroles, bassinoires . . . etc., pourvu que ce soit du cuivre ou du zinc. Je ne fais pas de zèle et je reste à Vic dans un hôtel face à la mairie. Dans le coin, personne ne me connaît.
Depuis avril, toute la famille ; mon père, ma mère, mon frère Claude qui vient d’avoir 18 ans et moi, nous sommes à Libé Nord. C’est le facteur, Marcel Dolle. Qui a le contact avec les responsables. Le débarquement survient, j’espère que ça va bouger, je voudrais bien sortir les armes mais j’attends les ordres.

Le maquis de Missy aux Bois:

Texte de Pierre-Jules RENOUX

En fin de soirée, après maints détours, nous arrivons dans une vaste grotte très profonde avec différentes niches. Ce doit être une ancienne champignonnière. Le village est à 1 km et la R.N 2 à moins de 2 km à vol d’oiseau. Aussitôt arrivé, on me remet une mitraillette STEN et une paire de grenades quadrillées. Je suis affecte à un groupe, il y a 4 ou 5 groupes de 8. Avec moi, il y a Christian Jacquine du bois de Sapins ; Robert Brises du quartier Saint Christophe ; Raymond Ronchonneur de Buzancy; Robert Brisson dit Bibi, qui vient de Seine et Oise, Macadam du bois de Sapins ; Lépreux, de Cui en Amont.
Jacquine, c’est notre chef. Il a bien la trentaine, les autres ont mon age, 20 ans; mais certains comme Ronchonneur, sont plus jeunes.
Il y a 4 prisonniers allemands capturés quelques jours plus tôt. Ce jour là, c’est mon groupe qui est à la garde. Nous discutons avec les Fritz, ils ont notre âge. Ils montrent des photos de famille.. C’est l’opération séduction. Le lendemain au matin, le chef des F.T.P du secteur arrive. Il nous réunit et nous dit qu’il vient d’apprendre que 14 camarades ont été fusillés cette semaine dans le nord du département. Que fait-on des prisonniers ? “Il faut les fusiller”, dit quelqu’un “d’abord, il nous embarrassent! - Non, dit un autre, ils peuvent nous servir de monnaie d’échange”. Une voix s’élève et dit: “On combat le nazisme, on ne peut employer ses méthodes”. Les 4 soldats allemands sont témoins de la discussion. Ils sont livides, et il y a de quoi. Mon groupe emmène les 4 malheureux au fond de la grotte pour un simulacre d’exécution, là, on leur dit: “Nous terroristes, mais pas nazis, on vous remettra aux américains quand ils seront là”.
C’est ce jour là que j’ai adhéré au Parti Communiste. Le lendemain, nous partons en opération, un groupe est en camionnette, nous suivons à pied, direction l’on en Amont. Embuscade, 4 nouveaux prisonniers qui sont ramenés en camion au maquis, nous, nous étions en soutien. Nous soupons et couchons dans une ferme, le fils du patron est un ancien copain de classe, Henri Cluzelaud.
Au matin, nous partons pour regagner Missy, il nous faut traverser l’Aisne à pommiers. A l’abri sur le chemin de halage, il y a trois chars allemands, des “Mosquitos” passent en rase motte et vont mitrailler la gare de Mersin et Vaux. Nous profitons de la confusion pour traverser le pont sans nous faire remarquer avec nos mitraillettes et nos grenades dans la musette.

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Char Allemand pris par la résistance, à Droite Maurice RENOUX, commandant du groupe, sur le char son fils Claude

Nous sommes à nouveau la garde des prisonniers. Maintenant, il y en a huit. Des rafales de mitrailleuses sont tirées, ça vient de la R.N. 2. J’arme ma STEN, la gâchette n’accroche pas, le chargeur se vide ; entre les jambes de Lepreux, il y a un petit entonnoir. Nous sommes tous aussi verts que les “verts de gris”.
Le jour de ces bombardements, Paul Jacques, ancien élève du collège est arrêté puis sera déporté. Jean Scheydecker nous a rappelé cette histoire lors d’une récente visite en Ardèche Paul est de Villers Cotterêts, c’est un ancien élève du collège. Il fait parti des auberges de la jeunesse. Le jour du bombardement de la gare de Mercin, il est sur place et prend des photos. Les allemands le prennent pour un espion et l’emmènent à la place Mantoue, siège de la Gestapo. Ils le gardent tout l’après midi, le cuisinent et le libèrent en fin de soirée. Il est sur le trottoir et ne sait où aller. Survient alors Jean Scheydecker, directeur de l’école, qui lui dit de ne pas rester là. Il l’emmène à Rozières sur Crise à l’école des filles Altier Éliane et Renée qui s’occupent des A.J. Jacquez passe la nuit à l’école et repart le lendemain matin pour Villers, chez ses parents. La Gestapo l’y attend. Il sera déporté et ne reviendra pas.
Quelques jours après ce bombardement, un accrochage se produit à la sortie de Missy: une voiture conduite par un ss est sur la route qui mène à la carrière. L’officier est tué, la fille qui était avec lui est amenée à la grotte. Ça fait l’affaire de quelques uns, moi ça me soulève le coeur. Six autres allemands sont “chopés”. Ce sont donc 14 allemands et une femme qui seront remis aux américains. Notre groupe n’a pas assisté à cette remise, mais je suis sûr que nos prisonniers ont vu en eux des libérateurs.
L’objectif de notre groupe était la gare de Berzy le Sec où, un bref engagement a eu lieu. C’est là que pour la première fois que j’ai entendu siffler les balles à mes oreilles. Nous passons la nuit chez Suzanne Bardou dans le préau de l’école de Buzancy.
Au matin du 29 août, nous partons les armes apparentes, le brassard F.F.I. est arboré. Objectif Soissons. Au carrefour de la R.N. 37 et de la route de Septmonts passent les premiers camions américains. Ils ont une grande bâche rose sur les capots à cause de leurs propres avions. A ce moment, des gens nous signalent en criant : “ un milicien, ce salaud, va se tirer, attrapez le !“. Nous le “chopons”. Raymond le connaît, c’est un gars qui a dénoncé plusieurs résistants qui ont été déportés. “Fusillez le, ce ne sera pas une grosse perte”. On le ferait bien, juste à l’angle de la route où il y a un pylône électrique. Soudain, arrive tout soufflant et en claudiquant un ancien combattant. Il tient un café épicerie à mi-côte en direction de Bercy. C’est un responsable de la résistance, le père Faucon:
“Arrêtez camarades, vous n’allez pas faire çà, vous n’avez pas le droit, livrez-le à la justice.” On l’écoute, le milicien nous embarrasse alors, je crois qu’on l’a remis aux américains. Trois ans plus tard, je l’ai croisé dans les rues de Soissons, narquois et arrogant. N’importe, je pense que l’ancien a eu raison de freiner notre zèle.
Nous continuons notre route vers Soissons. Sur la route à l’entrée de Belleu, gît le corps d’un allemand mort recroquevillé sur le bas côté. Plus loin, au pont de Belleu, c’est un américain. Je récupère son fusil. Sur la crosse est gravé grossièrement au couteau ‘Moose “, ce qui signifie Elan ou orignal : le pauvre a été tiré comme un gibier.
Quand nous arrivons place de la République, ça tire de partout; une chenillette américaine tire au canon automatique sur les tours de Saint-Jean des Vignes. On voit voler des éclats de pierre et quelqu’un demande au G.I de cesser le feu. On le prend le relais, mais avec des armes plus légères. On progresse de platane en platane dans l’espèce d’avenue qui remonte vers Saint-Jean. Les balles sifflent et il y a plein de curieux qui s’abritent dans les rues adjacentes et nous indiquent des cibles réelles ou imaginaires. Ça dure une petite demi-heure. Nous arrivons ensuite à l’hôtel de la Croix, c’était en quelque sorte le club pour les officiers. Les allemands viennent d’en être chassés. C’est du délire. Plusieurs F.T.P. vident leur chargeur sur les portraits Adolf l’excitation monte. C’est alors que Henri, Roger Biard monte sur une table ou une chaise pour calmer le jeu. L’état major de la résistance est là au complet, Libé Nord, le Front National, les F.T.P. et l’OCM.
Je crois que Roberte n’était pas encore rentrée de St Quentin mais on l’attendait. Il y avait Biard dit Henri; Roger Pannequin dit Marc, le capitaine Alain, Henri Michel, Chamand pour l’OCM, le capitaine Lepape, A. Faucon dit Pierre, bref du beau monde. Le comité local de la libération viendra plus tard se joindre à eux. On nous installe dans les chambres des étages ; ça pourrait être confortable mais on est trop nombreux.
Le lendemain, je suis nommé sergent chef et on m’envoie avec un groupe pour “nettoyer”, c’est un bien grand mot, le secteur de Margival. En fait, nous crapahutons pendant deux jours. Nous capturons un prisonnier, mais surtout, nous sommes chargés d’interdire tout pillage et de garder les stocks de richesses accumulées dans les blockhaus. Nous serons relevés je crois par une unité de gendarmes professionnels.
Le 1er septembre, nous regagnons Soissons et l’hôtel de la Croix d’Or. Il est environ 18 heures et je dis aux copains : “je suis crevé, je n’ai pratiquement pas dormi depuis quatre nuits et je vais roupiller chez ma frangine”. Elle habite au 8 de la rue de l’Evêché, à 200 m à peine de la Croix d’or. Quand je me pointe le lendemain à l’hôtel, c’est la consternation, j’apprends le désastre du bois des Châssis. Tous mes copains y étaient : Bibi, Ronco, Bébert, Macadré, Lepreux; ils l’ont échappé belle car il y a eu une quinzaine de morts fusillés et massacrés.
Dans les jours qui suivent, nous quittons la Croix d’Or pour la caserne Gouraud, tandis que le Comité de la Libération ou plutôt l’Etat Major de la Résistance reste à la Croix d’Or. Il me semble que le C.L.L a pris possession de l’Hôtel de Ville, ce qui parait logique