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23/08/2008

Lettre à Janine et à ?....adressée par sa mère Andrée RENOUX

Je couche chez Madame Dollé. La maison est ouverte à tous les vents. Dans une cour une cuisse de cheval en p par sa mère Andrée RENOUX putréfaction, dans un puits (celui de Cheffy) une tête de vache ! Quel jour vous parviendra cette lettre, faites le moi savoir.
Longpont le 4 août 1940

Chers tous et petite Nine


Me voici à Longpont que j’ai trouvé semblable à mon départ (extérieurement), c'est-à-dire que le 20 Juin le plus gros de la Bataille était terminée. A part les portes et les fenêtres qui ne ferment plus (certaines sont même enlevées) les carreaux de cassés et les murs déplacés de quelques centimètres, la maison parait encore solide. La bombe qui est tombée près du bureau a fait un trou que je n’avais pas vu le jour du bombardement, ce trou est juste en face de la porte du bureau. Je l’ai échappé belle ce jour là car il en était tombé une autre de l’autre coté du cimetière parallèlement à celle-là. Du reste, il parait que ce fameux jour il en est tombé cinquante. Une est tombé en plein sur une maison de l‘autre coté du monument aux morts et sept sur le château. Un avion a bombardé les ruines quelques jours après sans grand dommage.
Les quelques meubles venant de la grand-mère Louise ont été retrouvés à la cave, cachés dans de vieilles couvertures avec des livres de Lucette. Tout a été retrouvé moisis et décollés, il est vrai, mais avec un peu de patience et de temps, ils sont parait-il arrangeables. Ils ont échappés au pillage et à la destruction systématique. Il faut avoir vu ça pour le croire. Jusqu’à la conduite qu’on a sciée. Je n’ai retrouvé qu’un matelas et les sommiers Quant au reste de la literie, rien ! Rien d’autre ! Tout a été volés ou dispersés dans les champs et la forêt. Dans la campagne on ne fait pas cinquante mètres sans voir des matelas et sommiers pourris.
Rien que dans le bureau et le grenier il y avait plus de 30 matelas lorsque les premières personnes d pays sont arrivées. Ceux là ont fait leur choix et ces pourquoi les chambres étaient vides à mon arrivée, je n’ai trouvé qu’un matelas. Il y a 3 semaines les rues du village étaient jonchées de meubles cassés de batterie de cuisine. Ainsi ma table de nuit a été retrouvée complètement broyée. On croirait……………….(
il manque la suite)

00:36 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre de Maurice RENOUX à sa fille Janine (lettre de Saint Lô- Manche)

Saint Lô, Dimanche soir (Dimanche 4 Août 1940)

Ma chère petite Ninette,
Ton petit mot du 1er vient de me parvenir et je suis très heureux de savoir ce que sont devenus les mandats
J’attends avec impatience une lettre de ta maman me donnant des détails sur son retour à Longpont. Hélas, je crains de ne pas la lire encore demain car je pars, cette fois, mais pas où je voudrais.
A la suite d’un décret, supprimant partiellement le privilège des bouilleurs de cru, les agents en surnombre sont désignés pour aller renforcer les Recettes du département pour procéder au scellement des alambics, ce qui représente un travail formidable parait-il, car dans le Sud du département il y en a environ un par ferme et des milliers de fermes. Comme les croquants vont mettre des bâtons dans les roues, si même ils s’en tiennent à cela, il va y avoir du sport, Auto, cyclisme footing et peut-être boxe ! Mais ne t’alarme pas plus que moi car jusqu’ici, je prends plutôt cela à la rigolade et si ce n’était le retard à t’embrasser que cela provoque je serais m^me content de quitter Saint Lô où je me dégoûte profondément ? Je t’expliquerai pourquoi
Ceci dit je suis bien content que ton oncle Félix ait reçu ma carte. Justement, aujourd’hui, je pensais particulièrement à tout ça en voyant un très joli car beige et roue où sur la poussière, on voyait s’étaler en lettres énormes, tracées avec le doigt : LONDON. Je ne suis que rarement Poète ( !) mais pourtant la rime est venue immédiatement avec plongeon…car à proximité, il y a une piscine.
Naturellement, tu feras la tournée de la bisaille de ma part et tu ne t’oublieras pas surtout (et sur l’œil encore !)
Au revoir ma petite Nine et à bientôt quand même
Ton Papa
Maurice RENOUX

Tu dois également être en possession de la lettre de Pierre envoyée le 1er Août.

00:34 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre de Maurice RENOUX à sa fille Janine (lettre de Normandie)

Mardi 13 Août 1940

Ma petite Nine,
Mes chers tous.
Je viens de lire cette bonne lettre collective qui vient jeter une note familiale dans ma solitude, car comme vous le pensez ce n’est pas très rigolo. Malgré cela, ici j’ai du travail et ma foi très agréable pour l’instant. Le temps est superbe et la région très pittoresque, j’aurai tort de me plaindre. J’ai trouvé un vélo d’emprunt qui est très confortable et je roule tantôt sur des routes excellentes mais aussi il nous arrive, pour atteindre les fermes isolées, de faire une partie de cross-country pédestre. A ce train là, je serai tout en fait en forme le cas échéant pour seconder le Général de Gaulle.
Vis-à-vis des bouilleurs de crû, tout se passe bien mieux que nous le pensions, à tel point que si je laissais faire, je serai « noir » tous les soirs.
J’ai déjà eu des nouvelles de ma petite Dédée dont l’état de santé m’inquiète. Elle maigrit d’une façon anormale et j’ai hâte qu’elle puisse se soigner sérieusement. Elle reçoit bien mes lettres, mais forcément pendant la période où elle s’est déplacée je n’ai rien écrit.
Comme je lui ai dit, le bilan des pertes matérielles aussi élevé qu’il soit pour nous, ne doit pas nous faire oublier que nous aurions piu être atteints encore bien plus cruellement, sui un des nôtres était resté dans cette bagarre. Nous étions déjà habitués à en baver, alors, en peu plus ou un peu moins.
Ma petite Nine n’est pas trop prolixe pour me raconter comment ses études sont organisées, j’aurai pourtant bien voulu être tenu au courant de cela, j’y pense souvent, mais je ne sais toujours rien.
Naturellement, je ne ai pas reçu de nouvelle de la Zone Libre depuis longtemps et ayant écrit au Tonton, la lettre m’est revenue avec la mention « inadmis » Les amateurs de bottes sont servis, cela a été progressif et ce n’est pas encore fini, nous en baverons encore .
Dimanche dernier, j’ai passé ma journée à la pêche à la truite pour tuer le temps, j’ai pris trois petites truites. Une grosse a coupé le fils au ras de l’hameçon si bien qu’elle est retournée à la rivière. J’aime beaucoup ce genre de pêche car on ne reste pas à la même place et c’est passionnant.
Je peux avoir terminé mon travail avant la fin du mois, mais je ne sais pas si après je rejoindrai l’Aisne. J’ai demandé à Andrée qu’elle intervienne auprès du Directeur de l’Aisne pour me rappeler mais je n’ai pas beaucoup d’espoir, nous sommes tellement dans mon cas.
La dessus et en attendant le plaisir de nous embrasser mutuellement, je vous envoie à la ronde mille bises et à ma petite Nine les affectueuses tendresses de son papa.

Maurice RENOUX

00:33 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

16/08/2008

400824 Lettre adressée à Janine RENOUX, par sa mère Andrée RENOUX

Longpont le 21 août 1940

Ma petite Nine.

Je commençais à m’inquiéter, ta lettre est venue un peu me rassurer, puisqu’elle m’apprend les craintes du Docteur.
Il faut avant tout te tenir droite je pense que le Docteur t’a donné du fortifiant. Pour la radio, elle est dans le paquet adressé à Lucienne. Enfin à Paris, il y a des hôpitaux pour te faire radiographier si c’est nécessaire. Ta tante Marcelle saura ce qu’il faut faire d’après le docteur.
J’ai retrouvé les draps sales qui étaient au fond du jardin, tu te rappelles qu’il y avait eu une lessiveuse pleine. La lessiveuse a disparue mais le linge était resté coincé sous des bouts de bois. Il y avait du sang plein les vieux sacs ! C’était d’une puanteur, en dégageant j’ai vu ce linge moisi et piqué mais ça fait quand même des draps. Je n’ai plus de serviette de toilette, c’est ce qui me manque le plus. Je fais des torchons avec les vieux chiffons, car toutes les vieilleries de ta grand’mère sont restées dans la malle, dans une il y avait même ce que je pense ! Enfin !
Tout ce que vous pouvez m’acheter pour nettoyer, vous pouvez me l’acheter. Mais il ne faut pas venir maintenant, il est dangereux de voyager actuellement.
Je vous bise tous à la ronde et toi, ma petite Nine bien, bien, bien fort pour l’ennui que tu m’as donné !
Andrée RENOUX

23:07 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0)

Lettre de Maurice RENOUX à sa fille Janine (lettre de Saint Lô- Manche)

Jeudi 29 Août 1940

Ma petite Nine, mes chers tous

N’ayant pour l’instant que ce papier à ma disposition, j’en profite néanmoins pour ne pas différer à répondre à ta bonne petite lettre du 25. Je commençais à être inquiet et pensais que c’était encore un tour de ces messieurs qui voulaient me priver complètement de nouvelles de mes enfants, puisque déjà, les trois autres sont isolés de nous. Malgré cela, j’ai hâte de savoir ce que pense le docteur de tes différentes affections
Je voudrai naturellement qu’après un traitement sérieux et énergique tu puisses redevenir tout à fait bien portante et à jamais. Je remercie d’avance ta Tante Marcelle à ce sujet et lui donne absolument « carte blanche pour le dressage » quoique je suis absolument persuadé que tu lui évitera de se fatiguer à ce sujet, par une docilité remarquable et une obéissance entière.
Je m’excuse, ma petite Nine, de n’avoir pas songé à ta fête, Je songe par contre, depuis plusieurs jours que dans une quinzaine de jours tu vas avoir dix-huit ans. Cela me laisse souvent rêveur, si seulement je pouvais être là pour t’embrasser. J’étais content de voir ta petite photo et je n’ai pas froncé les sourcils en constatant certains détails. Tu sais bien que je peux être un papa moderne et que j’ai des enfants raisonnables. J’espère avoir du goût mais pas pour la peinture ! Aussi je ne vois pas d’inconvénient à ce que de temps en temps, tu soulignes légèrement de rouge ton petit bec sans abuser.
Je te remercie de penser à mon pull-over et t’indique les mesures, d’autre part, d’après celui qui me reste, compte tenu des modifications que j’y apporte ;
Je ne sais pas quand je repartirai. Mes collègues du Nord sont repartis Lundi, mais ils sont rattachés dorénavant à Bruxelles, et j’aime encore mieux attendre.
Merci à mon frangin de son petit mot, ainsi qu’à Mounette et mes petites Bichoutes, pour ce que vous faite pour ma petite Nine.
Et ma pauvre mémère qui a du se faire du mauvais sang avec tous ces évènements.Avait-elle des nouvelles de Lucette et des garçons ? Depuis plus d’un mois, je n’ai rien d’eux.
Je vous embrasse tous à la ronde comme de coutume.*Bien affectueusement.
Maurice RENOUX

23:06 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode