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23/08/2008

Lettre d’Andrée RENOUX à sa fille JANINE

Andrée Renoux 20 Juillet 1940
P.T.T
Chez Mr DIGUE
Coste et le Brix
Nantes (Loire inférieure)



Ma Nine


As-tu reçu l’argent ? Soit les 500 FR. envoyés par ton père à VANNES. Soit les 300 FR. envoyés de NANTES!I!
Dis-moi le jour exact où tu les as reçus? JI attends pour nous mettre d’ accord que tu me dises si tu dois de l’argent. Ta santé, ma petite Nine, doit être bien ébranlée. Par ici, je vois les jeunes filles qui se préparent à passer leur brevet et cela me fait bien mal au coeur!
II est vrai que je ne veux pas me plaindre ayant retrouvé ma Nine.
II faut absolument que tu écrives une lettre de remerciements à Mme Cadord. Ces braves gens dans la consternation de t’avoir laissé partir. D’après leurs réflexions ils n’avaient pas 1air d’avoir cru un mot de tes explications et étaient très, très contrariés de s’apercevoir que tu avais dit vrai. C’est ce que j/ai cru démêler dans leur air embarrassé et consterné!
Ton petit journal envoyé à ton père où tu décris la scène du train est épatant. Tu me voyais assise dans le compartiment alors que j’étais prête à entrer aux WC. Couchée dans un buisson avec 2 petites filles dont la mère avait été tuée et que l'on voyait à une cinquantaine de mètres de là avec d’autres victimes. Je criais toujours après toi et les petites hurlaient: maman !maman !! et j’avais la frayeur au fur et à mesure que l’on déposait les morts de te reconnaître parmi eux. Tout à coup, j’ai vu que l'on déposé une jeune femme qui avait des souliers blancs de gymnastique. J’ai cru que c’était toi ... Alors, inutiles de continuer, tu dois tout de suite voir la tête que je faisais !
Les pauvres petites filles/,6 et 10 ans, seules, hurlant toujours après leur maman et me la montrant au loin! Quel moment terrible ! Et que sont-elles devenues?
Je te bise mille fois.
Les lettres mises à la Recette principale, rue du Louvre, gagnent un ou deux jours sur les autres.
Andrée Renoux.
Trop tard!!! « Ils » n'auront pas ma galette.
Dis-moi/, à quel endroit as-tu perdu les autres valises et quelles sont les affaires qui étaient dans la petite,à part les papiers.

19:02 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre de Maurice RENOUX à sa fille JANINE (lettre de Saint Lô)

Dimanche 21Juillet 1940

Ma petite Nine chérie,

Ta longue lettre du 12 m’est parvenue ce matin de Bordeaux, via Nantes, où ta maman en a pris connaissance.
Pauvre petite chérie, j’ai pleuré en lisant combien tu avais souffert et je suis bien fier et content de ton bon moral. A aucun moment, d’ailleurs, je n’ai douté de toi et ce n’est jamais cela qui m’a tracassé. Tu as obéi à ta conscience et tu as bien fait. C’est notre religion à nous, elle en vaut bien d’autres. Quand à tes camarades tu les remercieras de ma part. Leur action ne me surprend pas, comme parisien, à leur âge, j’aurai agi comme eux, tu peux me croire.
En raison de la lenteur de la correspondance, je suis toujours dans l’incertitude, ne sachant si tu es encore à Paris. Si ton oncle Emile devait revenir bientôt, la meilleure solution serait que tu restes avec lui. Ta maman étant sur le point de rejoindre Longpont, tu risquerais encore de faire un chassé croisé. Je te conseille donc d’attendre ton mandat de 300 FR car dès que je saurai que tu es fixée pour une huitaine, je t’enverrai 500 FR.
Entre temps ta maman et mi serons peut-être fixés sue ce que l’on va faire de nous, et d’autre part Tonton Emile sera peut-être revenu.
A moi maintenant de te raconter ce qui s’est passé depuis le lundi 17 ; Ayant été autorisé à partir en tant que mobilisable, je suis parti en auto avec mon chef de service, nous pensions passer à RENNES mais nous en avons été détourné à cause justement du bombardement de CESSON que nous ignorions. Passant à FOUGERES et VITRE de là j’ai essayé de téléphoner à Saint BETHEVIN-LAVAL (où ta maman avait été affectée par les PTT après son départ de Longpont) Mais rien à faire, J’ai demandé à pousser jusque là et quand j’ai vu le nid, il était vide. La voisine m’adit que ta mère et toi étaient parties la veille et Pierre et Claude l’avant-veille.
J’étais assez rassuré (quoique j’aurai préféré savoir dans quelle direction vous étiez partes) Après une journée d’arrêt à POITIERS, nous sommes arrivés à BORDEAUX, le 19 juin, juste pour être bombardés. Enfin, cela est un détail en ce qui me concerne. Aussitôt le soir même j’envoyais un télégramme –mandat à Lucette de 1000 FR pensant que les uns ou les autres pouviez être sans ressource. J’ai également télégraphié à CLERMONT FERRAND, mais les liaisons étant coupées, ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que Lucette me fit part de l’arrivée des enfants, À ce moment là, d’après son terme j’ai pensé que tu étais avec, car elle aurait dû mettre les garçons. Je n’aurai pas hésité. Ce n’est que par un hasard extraordinaire que j’ai su que ta maman te recherchait et à ce moment mon inquiétude à ton sujet était immense comme tu peux l’imaginer. C’est seulement Lundi dernier que j’ai appris à Nantes, par ta maman que tu étais à Paris. Justement, j’avais eu mon ordre de mission pour rentrer ici et je suis parti le Dimanche 14 Juillet, m’arrêtant à Nantes sachant que ta maman s’y trouvait.
Tout est bien qui finit bien § et dans la famille jusqu’ici, i n’y a pas de victime dans cette bagarre, c’est un gros point.
Je voudrais pouvoir te prendre sur mes genoux et te câliner. Je confie au papier les milles bises bien tendres et affectueuses de ton papa
A bientôt
Maurice RENOUX

19:00 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre adressée à Janine RENOUX, chez Madame Fauverteix, 18 rue de l’Ourcq Paris 19ème par sa mère Andrée RENOUX

A suivre 6 rue ST Denis Colombes Seine
Nantes le 22 juillet 1940

Ma Nine,
Dès que je recevrai un mot d toi me disant être en possession du mandat de 300 f, je t’en enverrai un autre, à moins que tu n’aies pu venir jusqu’ici. Si ton oncle Emile est rentré il est préférable que tu restes à Paris avec lui. Mais, si tu dois rester seule encore longtemps, il vaut mieux que tu cherches à venir ici et te décider dans les 3 ou 4 jours .A moins que tu aies la certitude que ton oncle Emile revienne très prochainement alors il vaut mieux rester à Paris, Le voyage de Paris à Nantes coûte 136 F.
J’attends toujours de nouveaux ordres et d’après les on-dit on retournerai dans l’Aisne
La dernière lettre datée du 19 Juillet est arrivée ici le 2&. Le mandat de 500 F qui avait été adressé à Vannes m’a été remboursé, ici, ce matin. Donc, dis moi si tu as reçu les 300 fr. En combien mes lettres mettent-elles de temps. Je t’embrasse bien fort.
Maman

Ecris souvent à ton papa, j’écris à la cousine Françoise pour la remercier.

00:39 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : e

Carte lettre adressée à Janine RENOUX, chez Madame Fauverteix, 18 rue de l’Ourcq Paris 19ème, par sa mère Andrée RENOUX

A suivre 6 rue ST Denis Colombes Seine

Nantes le 25 Juillet 1940 11H 30

Ma Nine
Je reçois ta lettre du 18 aujourd’hui. Je vois tu as changé d’adresse, cela me contrarie : Tu ne recevras pas les mandats qui te sont adressés, 22 rue Etex à Paris
Il faut t’arranger pour aller rue Etex, au moment où le facteur passe, sans cela voilà encore de l’argent qui se promène. J’attends que tu me dises si tu les as reçus. Les premier 500 Fr qui ont été à Vannes doivent te suivre d’adresse en adresse . Vite un mot pour que l’on puisse savoir ce que nous devons faire
Je te bise très fort
Maman.

00:38 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre de Maurice RENOUX à sa fille Janine (lettre de Saint Lô- Manche)

Le 1er Août 1940

Ma Nine Chérie

Je suis heureux comme tout que ta maman ait pu t’embraser avant de rejoindre Longpont et de ce fait j’espère que sa santé va se rétablir complètement.
Quand je ‘écrivais j’étais convaincu que seul le tonton Emile rentrerait à Paris, comme étant dans l’alimentation et c’est pourquoi je te disais, « vas souvent voir s’il est rentré » Mais tout est pour le mieux puisque les Colombiens sont de retour et tu n’auras que l’embarras du choix. Je pense d’ailleurs que tes oncles ont reçu mes cartes écrites aussitôt leur retour chez eux. Ceci est important pour moi de le savoir, mais les lettres mettent trois jours au moins.
Je te joins les lettres de Pierre, Claude et Lucette à conserver précieusement comme les tiennes le seront. Je pensais partir ces jours-ci, mais je suis comme sœur Anne et je me demande si un jour j’arriverai à vivre comme tout le monde en famille. As-tu des facilités pour réviser tes matières avant ton B.E ? Comme je serais heureux si tu pouvais réussir, ma petite Nine ! Et tu le mériterai bien après toutes ces aventures.
Tu ne m’as dit si tu avais reçu tes deux mandats de 500 FR je sais que tu as touché celui de 300 FR Il faut aller chez la cousine Fauverteix tous les deux jours pour pouvoir toucher à la poste le 3ème mandat, cela évitera des complications. peut-être que le 1er à suivi Rue d’Etex, il faudrait t’en informer.
Sois bien gentille et ne t’énerve pas trop, ma petite Nine, et mets en un bon coup, c’est le moment ou jamais.
Mille tendresses et affectueux baisers de ton papa.
Maurice RENOUX


Naturellement re- mille bises à partager avec toute la famille.

00:36 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode