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23/08/2008

Lettre de Maurice RENOUX à Luce TOUX et à ses fils

RENOUX chez PITAUGUE 76 rue P.L. LANDE BORDEAUX

Mademoiselle Luce TOUX
Sanatorium des PTT
Montfaucon Lot


9 juillet

Ma chère Luce, mes chers petits
Votre Maman était le 3 juillet à Nantes (chez Madame Digue, 12 rue Coste et le Brix) et essayait de gagne Angoulême
C’est par une carte postale de Madame CARRE du 8 juillet que je sais sa nouvelle adresse. Je suis bien indécis car tout d’abord j’aurai bien voulu bondir à Nantes mais je crains qu’elle ne soit partie. J’attends un mot d’elle pour savoir ce que je vais faire. Heureusement j’ai avisé hier madame CARRE de la nouvelle adresse de Janine,si bien qu’elle ne peut manquer d’en faire part à votre maman, ce qui la rassurera complètement, je l’espère.
Par même courrier je préviens Mémère Marguerite et mes frères déjà avisés d’hier que la Nine était à VANNES et que votre maman venait de changer de gîte.pauvre maman qui doit bien souffrir depuis trois semaines sans nouvelles des siens. Je crois cette fois que son martyr touche à sa fin. J’ai envoyé un mandat à Janine hier soir (dès la réception du télégramme qui venait de Montluçon ( ?)
Je vous quitte tous les trois en vous embrasant bien tendrement. Amitiés à Gaston.
Maurice RENOUX

23:37 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : e

Lettre de Maurice RENOUX à Luce TOUX et à ses fils (lettre de Bordeaux)

Mademoiselle Luce TOUX
Sanatorium des PTT
Montfaucon Lot


13/7/40 Mes chers petits

Je pars demain matin ayant reçu mon ordre de mission de mon Administration pour Saint Lô (13 rue des Palliers)
Je passerai Angoulême à tout hasard. J’espère donc pouvoir embrasser votre maman et peut-être Janine si elle avait rejoint sa mère, cela me ferai bien plaisir. J’espère que rien ne viendra retarder ou contrarier mes projets. Je suis dans un état de nervosité que vous pouvez imaginer, m’attendant à chaque instant à voir arriver votre maman ou à recevoir un mot d’elle car je ne sais pas encore si elle a reçu avis de l’adresse de Janine, ni de la mienne. Que c’est long !
Bonnes grosses bises à tous et amitié à Gaston
Maurice RENOUX
PS reçu lettre de Dédée ce jour 14. Partirai à Nantes ce jour 14h10 Janine partie e VANNES pour Paris ?

19:15 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre d’Andrée RENOUX à sa fille JANINE

De Nantes
Le 14 juillet 1940



Ma petite Nine chérie



Enfin pour moi, cette année, le 14 juillet est encore un jour de fête puisque je reçois aujourd'hui la certitude que ma grande fofolle est encore en vie.
Simone m’écrit aujourd'hui me disant que tu es entre bonnes mains et qu'elle te prendra avec elle dès son retour à Paris. Dès que je serai sûre que tu es toujours à la même place, je t'enverrai un mandat.
Tu aurais dû rester à Vannes ; tu écris à tout le monde ton adresse à Vannes et tu n'attends pas les réponses ??
Je suis restée à Rennes, du 17 juin jusqu’au 28 juin à te chercher partout. J’ai fait des kilomètres dans les fermes, à 50 km autour de Rennes.
Le 29, j'arrive à Nantes si le 30/ tu te présentes aux chèques postaux, tu n'attends même pas le lendemain pour aller à la direction si tu t’était présentée là tu aurais eu mon adresse puisque je loge chez une collègue de Nantes qui a eu pitié de moi- car je couchais sur la paille sans couverture depuis le jour affreux du 17 juin où j'ai vu près de moi les morts de notre train et les blessés.
J'ai hurlé ton nom croyant te reconnaître parmi les morts. Enfin, je t'aperçois près du train puis plus de Janine! Jeudi dernier/ j'apprends avec bonheur que tu étais à Vannes: j'y cours, plus personne. Tu as semblé drôle au charcutier, ce qui m'a laissé encore plus d'inquiétude sur ton sort. Partout/où j'ai trouvé ta piste, j'arrivais trop tard. On t'a vue avec des jeunes gens qui avaient mauvaise allure. Alors, tu vois d'ici mes pensées!
Ecris vite que je sache quelle décision prendre à ton sujet et attends cette fois!
Comment fais-tu puisque tu n'as pas d'argent?
Je te serre encore plus fort sur mon coeur pour t'avoir retrouvée.
Surtout reste où tu es et ne te sauves pas encore petite folle.



Andrée Renoux

19:05 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

ODYSSEE DE JANINE.

C’est à RENNES sur les lieux du bombardement que Janine et Andrée avaient été séparées. Andrée avait crié à Janine. “Ne retourne pas dans le train, car il y a des bombes non éclatées”. C’était trop tard, car Janine, n’ayant pas entendu, est retournée dans le wagon, a pris tous les bagages (qu’elles avaient abandonnés), et s’est enfuie dans la plaine. Aussi, Andrée a cherché en vain Janine dans les décombres, au milieu des morts et des blessés!.
Janine, arrivée sur une route où passaient des convois, fit signe et une voiture s’arrêta. C’était des Médecins français. Ils firent monter Janine dans la voiture et mirent les bagages dans l’ambulance qui suivait. Arrivés à VANNES, i1s la laissèrent dans cette ville. Quant aux valises elles continuèrent dans une direction inconnue. Elles revinrent deux ou trois ans après, au bureau de LONGPONT, car notre adresse y figurait dessus... (mais il a fallu du temps pour trier les bagages échappés sur les routes).

EXTRAITS DES LETTRES DE JANINE, qui m’arrivèrent également par hasard, sans doute par l’intermédiaire de Lucette;

“Le 6 Juillet 1940: Ayant trouvé une occasion d’aller à VANNES, j’y suis restée huit jours bloquée toutes les communications étant coupées. Je n’ai plus rien en poche, Maman ayant l’argent sur elle. Heureusement, j’ai trouvé des braves gens. Puis, j’ai eu une occasion d’aller à PARIS. J’espérais trouver Félix, et Émile, mais ceux-ci étaient partis. Je suis chez Mme GUERY, 22 Rue ETEX, PARIS 18ème
Mon cher petit papa, je t’enverrai un mot ce soir, pour te dire si je peux partir. Sinon, tu enverras un mandat dès que cela sera rétabli, etc..;”; Janine avait dix-huit ans à l’époque.
Elle put aller chez Marcelle et Félix à COLOMBES, dès que ceux-ci revinrent, le 26 juillet 1940. Elle y resta en attendant que sa mère puisse lui écrire de rentrer à LONGPONT. (La maison de LONGPONT était très abîmée, plus de matelas, pillées, dévastée etc. ).

19:04 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

Lettre d’Andrée RENOUX à sa fille JANINE

De Nantes
Le 17 juillet 1940



Ma chère petite Nine




Aujourd'hui 17 juillet un mois exactement depuis que je t'ai perdue. Que de transes, que de pleurs (que de timbres dépensés) que de démarches pour pouvoir trouver ta piste.
Enfin depuis le 14 juillet, c'est à dire depuis trois jours je commence à revivre.
Ton papa est venu me surprendre le 15 à 6h et demi du matin. Il est reparti pour St- Lô ce matin où il doit rejoindre son poste. Moi même j'attends un ordre pour repartir, pour repartir où?? Je n'en sais rien peut-être Laval peut-être Longpont. C'est pourquoi il vaut mieux attendre quelques jours avant de fixer si tu dois venir ici, ou rester à Paris en attendant ton onde.
Hier, je t'ai envoyé 300 FR, dis-moi si tu les a reçus. Ton papa t'en avait envoyé 500 à Vannes.
Si les 500 F ne te parviennent pas d'ici 8 jours, je t'en enverrai d'autres. Je reçois ce matin, adressé à ton père à Bordeaux, ton long journal. Je le renvoie immédiatement à ton papa à St Lô, à la Direction des Contributions indirectes.
D'après ce journal, je m'explique pourquoi nous nous sommes séparées d'abord, j'étais près des WC au moment du bombardement, puis tous les gens qui étaient du côté de la voie où je me trouvais, ont été dirigés dans une ferme à 1500 mètres du chemin de fer. Là, on n'a pas voulu que nous allions à Rennes sous prétexte de torpilles non éclatées.
En effet, la nuit suivante, on a couché dans une étable avec une cinquantaine de vaches, (Oh! Les vaches) les torpilles ont éclaté. On croyait que c'était les avions qui recommençaient. J'ai été 15 jours sans me déshabiller. Dis-moi de quel côté tu as laissé les valises et de quelles façons tu les as perdue ; de façon de faire les démarches nécessaires en attendant va voir à la gare Montparnasse s'il te faut un laisser passer pour Nantes.
Ici, on a dit qu'il en fallait un fais en faire un c'est assez long, et si tu peux me rejoindre tu le feras. Mais attends mes ordres. J'ai peur de partir comme ton père vient de le faire.
Je t'embrasse autant de fois qu'il te faut pour rattraper ces 3 semaines.


Andrée RENOUX

19:03 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode