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05/05/2012

Avant-Propos

Lorsque j’ai ouvert ce blog, il y a quelques mois, je n’avais pas encore en ma possession des lettres que les membres de ma famille ont échangées après que les aléas de l’exode de 1940 les aient obligés à se disperser aux quatre coins de la France. Leur découverte m’amène à réorganiser « Mémoires croisées », en les divisant en deux parties ;
1. L’Exode, comprenant les lettres retrouvées, les contributions de Maurice RENOUX et de ces deux fils, ainsi qu’une présentation des personnes auteurs des lettres où évoquées dans les pages de celles-ci.
2. Les mémoires de Maurice RENOUX, de son enfance à la guerre de 1940

Avant d’ouvrir ces chapitres je voudrais souligner l’importance, à mes yeux, de ces courriers, en particulier parce qu’ils relèvent « l’esprit de résistance» qui anime la famille dès le prélude de la défaite. La lettre du 13 Août 1940 en est le meilleur témoin, où, après avoir évoqué son excellente condition physique, Maurice ajoute « À ce train là, je serai tout en fait en forme le cas échéant pour seconder le Général de Gaulle. ». Qui connaissait le général de Gaulle en Août 1940 ? , Qui savait qu’il organisait la lutte contre l’occupant à partir de Londres ? Maurice RENOUX a faillit le rejoindre en Juin, dans une autre lettre, datée du 4 Août, il y fait allusion. Mais Maurice n’est pas le seul, Janine, sa fille, participe également à Paris, avec d’autres jeunes gens, à un acte d’opposition à l’occupation. « Tu as obéi à ta conscience et tu as bien fait. C’est notre religion à nous, elle en vaut bien d’autres. Quand à tes camarades tu les remercieras de ma part. Leur action ne me surprend pas, comme parisien, à leur âge, j’aurai agi comme eux, tu peux me croire » lui écrit son père le 21 juillet.
Quand à son épouse Andrée, ses lettres relatant « l’occupation » de sa maison, par des soldats allemands démontrent ses sentiments et son courage.

Les lettres échangées ont été écrites par Maurice et Andrée, à l’exception d’une émanant de Luce TOUX, et d’une autre de Marguerite HENAULT et de sa sœur Berthe GEORGET. Il est donc important de situer tous les membres de la famille avant de découvrir leurs correspondances.

Maurice RENOUX, né en 1897, engagé volontaire en 1915, a exercé divers métiers avant de devenir contrôleur des contributions indirectes, résistant, il participe à la libération de Soissons avant de s’engager dans l’armée régulière jusqu’à la fin de la guerre. Lieutenant, faisant fonction de commandant de compagnie, il sera fait chevalier de la légion d’honneur à titre militaire, rendu à la vie civile, il reprend son métier de contrôleur jusqu’à sa retraite en 1960, veuf, il se retire à VILLIERS dans l’INDRE dont il devint le maire, fonction dont il démissionne en 1975, pour raisons de santé, il rejoint ses fils en Ardèche, où il décède en 1983.

Andrée HENAULT épouse RENOUX, veuve en première noce de Julien TOUX, tué au front le 4 mai 1915, Ensemble ils ont eu une fille LUCE TOUX né en Juillet 1914, Remariée en 1921 avec Maurice RENOUX dont elle aura trois enfants, JANINE, PIERRE et CLAUDE, Receveuse des Postes, elle ne quittera son poste qu’au dernier moment devant l’avance Allemande, on peut dire d’elle, (comme de Maurice d’ailleurs), qu’elle n’a pas fuit, mais qu’elle s’est repliée sur ordre de son administration. Elle n’a pas cessé d’exercer sa profession, de repli en repli, pendant l’exode et après l’armistice. Décédée en 1960

Marguerite HENAULT, mère d’Andrée et sœur de BERTHE GEORGET chez qui elle trouve refuge pendant l’exode, ainsi que (pendant quelques jours) PIERRE et CLAUDE

LUCE TOUX, se trouve en en soins au sanatorium de MONTFAUCON dans le LOT lors de l’offensive allemande, elle y accueille ses frères jusqu’à l’automne en compagnie de son fiancée, Gaston PREVOTAUX (décédé en 1998), Luce est la fille d’Andrée et de Julien TOUX , et la belle-fille de Maurice.

JANINE RENOUX, fille d’Andrée et de Maurice, elle échappe de peu à la mort lors d’un bombardement à RENNES, mais se retrouve isolée de sa mère, qu’elle ne retrouvera que plusieurs semaines après, agent de liaison de la résistane. Militante pacifiste elle est blessée au métro CHARONNE en 1962, au cours de la répression de la manifestation anti-OAS. Elle exerce jusqu’à sa retraite la profession de standardiste d’une grande firme informatique (IBM) mariée à Louis CHEZE, sans enfant, elle décède en 1998.

PIERRE RENOUX, né en 1924, résistant actif dès la première heure, réfractaire et clandestin, il rejoint le maquis et participe au coté de son père à la libération de Soissons, engagé volontaire comme lui, il termine la guerre sur la poche de Saint NAZAIRE, militant communiste, il fait parti des « quatre d’AUBENAS » arrêtés en 1956 pour s’être opposé au départ d’un train de réserviste à destination de l’Algérie. Professeur d’éducation à AUBENAS où il vit après avoir pris sa retraite. (Croix de guerre)

CLAUDE RENOUX, né en 1926, prend l’exode comme une partie de rigolade, traverse la France en vélo pour rejoindre avec PIERRE, leur sœur LUCE à MONTFAUCON, résistant au coté de son père et de son frère, il terminera la guerre avec eux à Saint NAZAIRE, infirmier des hôpitaux psychiatrique, il se retire avec son épouse à SALAVAS (07) jusqu’au décès de celle-ci. Vit désormais à RUOMS en Ardèche. (Croix de guerre)

Dans les courriers sont évoqués à plusieurs reprises EMILE RENOUX, frère de MAURICE, ainsi que MARCELLE et FELIX RENOUX demeurent à COLOMBE, MARCELLE est la sœur d’Andrée, tandis que son mari FELIX est le frère de MAURICE, les deux frères ayant épousés les deux sœurs.

Ce chapitre est destiné à évoquer le rôle joué par la famille de Maurice RENOUX pendant la guerre de 1940. Janine incitant les prisonniers à s’évader avant leur départ pour l’Allemagne, ses frères participant à la récupération des armes et des équipements que les soldats français ont abandonnés dans les bois pendant la débâcle, Andrée « filtrant » les lettres de dénonciations dans son bureau de poste. Sans oublier la libération et cette situation exceptionnelle, Le Père et ses deux fils servant dans le même régiment de l’armée régulière, le lieutenant Maurice RENOUX, faisant office de commandant de compagnie (capitaine) avec sous ses ordres ses deux sous officiers de garçons. Cette aventure se terminera devant Saint Nazaire, dernière parcelle du territoire français à être libérée au soir de la capitulation de l’Allemagne le 8 Mai 1945.
Maurice RENOUX dans ses mémoires ainsi que ses fils Pierre et Claude nous ont apporté leur témoignage sur cette période. Pour relater cette époque. j’ai repris leurs écrits dans lesquels j'ai inséré les courriers rédigés pendant l'Exode.

08:50 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : exode