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24/08/2008

Retrouvailles et Nouvelles séparation Récit de Maurice RENOUX

Le Vendredi 17 Mai 194O, après notre départ, Andrée été donc restée à son poste à LONGPONT. Alors qu’il y avait une cliente au guichet, les avions lâchèrent des bombes sur le pays, Dédée et sa cliente se précipitèrent à la cave, une deuxième bombe, puis une troisième éclatèrent de plus en plus près, (Dédée pensait “La quatrième sera pour nous!!!), en effet, cette bombe tomba sur le mur en face de la Poste, de l’autre coté de la route, envoyant une bonne partie des pierres du mur sur la route et fracassant par la déflagration les carreaux, portes et fenêtres de la Poste. Remontant, tout éperdue, Andrée se rendit compte qu’elle ne pouvait plus rester là et se risqua sur la route. Bien lui en pris, elle vit un camion militaire arrêté, dont les hommes déblayaient la route pour se frayer un passage. Elle s’adressa au sous-officier et lui demanda s’il pouvait l’amener, ”Vous êtes la receveuse?”, lui demanda-t-il, “Où sont vos bagages?, vous n’avez rien oublié?, votre comptabilité, vos valeurs, les timbres, le timbre à date?”- ”J’ai tout cela dans mes sept sacs qui sont là. Vous avez l’air de bien connaître le service postal”. -"Oui Madame, mon père était Receveur en 1914, et, il s’est trouvé dans les mêmes conditions que vous aujourd’hui. Vous comprenez pourquoi je suis heureux de pouvoir vous être utile.
Après avoir chargé les sacs, ils partirent vers la FERTE-MILON, où se trouvait un bureau de poste. Le receveur dit, "Je ne peux rien prendre, car moi-même, je pars tout de suite, je vous conseille d’aller à MEAUX, c’est un grand bureau de Poste, il doit y avoir du monde”. De retour au camion, elle expliqua ce qu’elle venait d’entendre. Le sous-officier la fit remonter et lui dit “Nous allons nous rendre au poste de Commandement du Régiment de Chars qui est à LIZY Sous OURQ. Nous vous hébergerons et nous vous ferons dîner; Demain, il y aura certainement une corvée pour aller à MEAUX et l’on vous emmènera”.
Présentée aux officiers, Andrée fut très bien accueillie, elle raconta son histoire, et dit qu’elle avait hâte de revoir sa famille. Le Samedi 18, elle fut conduite à MEAUX, libérée de ses sacs postaux, elle prit le train pour PARIS et COLOMBES. Elle arriva chez sa mère et sa sœur. Tous furent étonnés d’apprendre que les Allemands étaient dans 1’AISNE et peut-être à SOISSONS. Elle passa le Dimanche 19 avec eux, et le Lundi 20, elle nous rejoignit à LAVAL. Andrée est enfin avec nous.
Mais nous n’étions pas au bout de nos peines; Andrée fut affectée au bureau de Saint BERTHEVIN-les-LAVAL, à une dizaine de kilomètres avec Mme DOLLE, par la Direction des P.T.T. Elle trouva à loger tout le monde et je pus, quelques jours vivre avec eux.
A mon tour, je fus affecté à la Direction de Saint LÔ (MANCHE). J’avais été placé à la brigade de surveillance et mon chef de service, M. PETANGUE m’avait trouvé une chambre quelques jours après, dans la même maison que lui. J’y étais très bien. Avec mon nouveau chef, nous parcourions la partie NORD du COTENTIN, uniquement pour des surveillances d’alambics ou des affaires de contentieux. Nous étions bien au courant des événements par la Radio et nous suivions la marche des envahisseurs. Quand les Allemands eurent atteint PARIS, nous pensions bien qu’ils ne s’arrêteraient pas là. J’envisageais un nouveau repli, mon chef aussi. Une chose me tracassait, c’était de risquer de ne plus avoir de nouvelle des miens et de me trouver sans argent. Fort heureusement, le Syndicat avait obtenu que les Directions d’origine établissent une fiche de renseignements pour chaque employé afin de pouvoir percevoir leur traitement.

10:58 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

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