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23/08/2008

Lettre de Maurice RENOUX à Luce TOUX

Monsieur Maurice RENOUX Bordeaux le 4 Juillet 1940
76 rue P.L Lande
Bordeaux

A Mademoiselle Luce TOUX
Sanatorium des PTT
Montfaucon Lot

Je suis toujours très inquiet sur le sort de Janine dont je ne sais toujours rien. De votre maman rien de plus, je lui écris à RENNES, mais la liaison postale ne doit pas être encore rétablie. Quel mauvais sang elle doit se faire ! J’ai bien reçu hier votre lettre. Je suis content que vous soyez à l’abri, aussi mal que vous puissiez être, cela vaut mieux que les bois. J’ai reçu hier également une lettre de Tante Berthe qui était inquiète sur votre sort mais entre-temps je lui avais adressé un télégramme qui a du la rassurer pour vous mais bien l’angoisser sur Janine. Mémère Marguerite est à Villiers et mes frères Félix et Emile sont à Clermont Ferrand avec leur famille (sauf Ginette qui est à Vichy ; Simone dont on est sans nouvelle ainsi que Madame Astier qui a du rester à Paris)
Vous devriez écrire à ces deux endroits : Villiers et Clermont-Ferrand ainsi qu’à Rennes et Saint Berthevin à tout hasard, peut-être qu’un service sera en avance sur une autre région. J’ai même écrit à Longpont au cas où votre maman y serait envoyée avant que le trafic soit repris par ici
En ce qui vous concerne, je vous confirme qu’il faut rester où vous êtes, ce n’est pas le moment de remonter où vous étiez. Tachez de faire le plus économiquement possible car je ne suis pas payé maintenant avant fin Septembre ! Et d’ici là, il se passera encore bien des évènements du train où ça va ! Inquiétez vous de savoir quel est le collège le plus près pour tacher d’y aller comme internes à la reprise. J’aime mieux vous voir par là : l’air est meilleur !
Je remercie beaucoup Gaston et Lulu de s’occuper de vous et de votre part soyez disciplinés et ordonnés. Je serai encore bien plus fier de vous si vous tenez compte de mes conseils. Dès que je saurais quelque chose au sujet de mon départ, je vous en aviserais ainsi que Clermont et Villiers : de même en ce qui concerne votre maman, il faut en faire de même de votre coté. De cette façon nous triplerons les chances d’être renseignés, et faites comme moi, 20% d’économie de timbre.
Vous connaissez ma façon de penser, elle n’a pas variée et bien des choses me font énormément souffrir en dehors de la séparation et du manque de nouvelles, mais vous, faites attention à vos propos et mettez « un bœuf sur la langue »
Bons et affectueux à tous de votre papa
Maurice RENOUX

23:39 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

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