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23/08/2008

Lettre d’Andrée RENOUX à sa fille JANINE

De Nantes
Le 17 juillet 1940



Ma chère petite Nine




Aujourd'hui 17 juillet un mois exactement depuis que je t'ai perdue. Que de transes, que de pleurs (que de timbres dépensés) que de démarches pour pouvoir trouver ta piste.
Enfin depuis le 14 juillet, c'est à dire depuis trois jours je commence à revivre.
Ton papa est venu me surprendre le 15 à 6h et demi du matin. Il est reparti pour St- Lô ce matin où il doit rejoindre son poste. Moi même j'attends un ordre pour repartir, pour repartir où?? Je n'en sais rien peut-être Laval peut-être Longpont. C'est pourquoi il vaut mieux attendre quelques jours avant de fixer si tu dois venir ici, ou rester à Paris en attendant ton onde.
Hier, je t'ai envoyé 300 FR, dis-moi si tu les a reçus. Ton papa t'en avait envoyé 500 à Vannes.
Si les 500 F ne te parviennent pas d'ici 8 jours, je t'en enverrai d'autres. Je reçois ce matin, adressé à ton père à Bordeaux, ton long journal. Je le renvoie immédiatement à ton papa à St Lô, à la Direction des Contributions indirectes.
D'après ce journal, je m'explique pourquoi nous nous sommes séparées d'abord, j'étais près des WC au moment du bombardement, puis tous les gens qui étaient du côté de la voie où je me trouvais, ont été dirigés dans une ferme à 1500 mètres du chemin de fer. Là, on n'a pas voulu que nous allions à Rennes sous prétexte de torpilles non éclatées.
En effet, la nuit suivante, on a couché dans une étable avec une cinquantaine de vaches, (Oh! Les vaches) les torpilles ont éclaté. On croyait que c'était les avions qui recommençaient. J'ai été 15 jours sans me déshabiller. Dis-moi de quel côté tu as laissé les valises et de quelles façons tu les as perdue ; de façon de faire les démarches nécessaires en attendant va voir à la gare Montparnasse s'il te faut un laisser passer pour Nantes.
Ici, on a dit qu'il en fallait un fais en faire un c'est assez long, et si tu peux me rejoindre tu le feras. Mais attends mes ordres. J'ai peur de partir comme ton père vient de le faire.
Je t'embrasse autant de fois qu'il te faut pour rattraper ces 3 semaines.


Andrée RENOUX

19:03 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

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