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16/08/2008

Lettre de Maurice RENOUX à sa fille Janine (lettre de Saint Lô- Manche)

Jeudi 29 Août 1940

Ma petite Nine, mes chers tous

N’ayant pour l’instant que ce papier à ma disposition, j’en profite néanmoins pour ne pas différer à répondre à ta bonne petite lettre du 25. Je commençais à être inquiet et pensais que c’était encore un tour de ces messieurs qui voulaient me priver complètement de nouvelles de mes enfants, puisque déjà, les trois autres sont isolés de nous. Malgré cela, j’ai hâte de savoir ce que pense le docteur de tes différentes affections
Je voudrai naturellement qu’après un traitement sérieux et énergique tu puisses redevenir tout à fait bien portante et à jamais. Je remercie d’avance ta Tante Marcelle à ce sujet et lui donne absolument « carte blanche pour le dressage » quoique je suis absolument persuadé que tu lui évitera de se fatiguer à ce sujet, par une docilité remarquable et une obéissance entière.
Je m’excuse, ma petite Nine, de n’avoir pas songé à ta fête, Je songe par contre, depuis plusieurs jours que dans une quinzaine de jours tu vas avoir dix-huit ans. Cela me laisse souvent rêveur, si seulement je pouvais être là pour t’embrasser. J’étais content de voir ta petite photo et je n’ai pas froncé les sourcils en constatant certains détails. Tu sais bien que je peux être un papa moderne et que j’ai des enfants raisonnables. J’espère avoir du goût mais pas pour la peinture ! Aussi je ne vois pas d’inconvénient à ce que de temps en temps, tu soulignes légèrement de rouge ton petit bec sans abuser.
Je te remercie de penser à mon pull-over et t’indique les mesures, d’autre part, d’après celui qui me reste, compte tenu des modifications que j’y apporte ;
Je ne sais pas quand je repartirai. Mes collègues du Nord sont repartis Lundi, mais ils sont rattachés dorénavant à Bruxelles, et j’aime encore mieux attendre.
Merci à mon frangin de son petit mot, ainsi qu’à Mounette et mes petites Bichoutes, pour ce que vous faite pour ma petite Nine.
Et ma pauvre mémère qui a du se faire du mauvais sang avec tous ces évènements.Avait-elle des nouvelles de Lucette et des garçons ? Depuis plus d’un mois, je n’ai rien d’eux.
Je vous embrasse tous à la ronde comme de coutume.*Bien affectueusement.
Maurice RENOUX

23:06 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

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