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29/05/2008

Mon Père

Mon père, sur les conseils de son cousin germain, Joseph MEZURE, chef des rayons de chemises au “BON MARCHE”, après la visite que lui fit un de ses fournisseurs, propriétaire d’une fabrique de chemises à EYMOUTIERS (86) accepta la proposition qui lui fût faite de diriger cette fabrique. Nous partîmes donc en Novembre1910 pour ce charmant pays de la HAUTE VIENNE. Nous habitions au 2eme étage d’une très belle maison neuve, dont le propriétaire habitait le 1er et le rez-de-chaussée. Construite à flan de coteau, nous avions une vue superbe sur la vallée de la VIENNE, la route de LIMOGE et la ligne de chemin de fer, Nous y avons passé un hiver très froid, car normalement le climat est assez rigoureux. Je fus mis au collège, comme externe, et je perdis mon temps, dans beaucoup de matières j’étais beaucoup plus avancé que mes camarades, mais dans celles qui ne m’avaient pas été enseignées, je ne pouvais suivre. De plus, en Mars/Avril 1911, mes parents quittèrent EYMOUTIERS, car la situation promise à mon père était fallacieuse, nous partîmes à BOURG-LASTIC où je repris le chemin de l’école primaire. Cette école de garçons ne comportait que deux classes et il n’y avait que peu d’élèves après le C.E.P, un seul était présenté au B.E (Brevet Élémentaire). J’eus très vite le sentiment que je perdais mon temps. Mes parents s’en rendirent compte également et, en 1912, au printemps nous quittions BOURG-LASTIC pour CHAMALIERES, près de CLERMONT-FERRAND. Mon oncle François RENOUX, frère de mon père, exploitait avec ma tante Antoinette, un café restaurant “A la Comète”, rue d’ASSAS à CLERMONT, à deux pas de la place de JAUDE. D’autre part, il travaillait à la banque de FRANCE comme encaisseur, principalement les jours d’échéances et, en conséquence, il était très connu des commerçants et industriels de la place de CLERMONT-FERRAND.
C’est ainsi, que mon oncle François, trouva un emploi pour mon père, chez un marchand de vin en gros: Monsieur DEGIRONDE. Mon père secondait le patron qui s’absentait pour voir ses clients. Il y resta jusqu’en 1915 pour partir seul à PARIS, Le “BON MARCHE” ayant fait appel à ses anciens employés, et retraités, pour remplacer ceux qui avaient été mobilisés. Vous lirez, plus loin, comment il fût logé en arrivant à PARIS. Pour en revenir à CHAMALIERES, toute la famille s’installa, 5 place Sully, dans une maison de 3 étages. Nous habitions le troisième, un appartement de 2 chambres salles à manger, cuisine, cabinet de toilette. En Mai 1912, mes parents me firent entrer à l’école supérieure dans la section commerciale; là encore ce changement en fin d’année me dérouta, pourtant j’apprenais la sténographie (2 méthodes), la dactylographie et la comptabilité commerciale. Ne pouvant rattraper des camarades qui étaient arrivés au mois d’Octobre, je fus dégoûté.
J’avais 14 ans ½, j’étais grand et fort, et je me rendais bien compte que mes parents, avec leurs faibles ressources, avaient beaucoup de mal à nous faire vivre tous les cinq. Je fis part à mes parents de mon intention de travailler. Mon oncle François, après avoir trouvé un emploi à mon père, me présenta au Directeur d’un magasin de nouveauté “AUX VILLES DU CENTRE” place de la Cathédrale à CLERMONT-FERRAND.
MES DEBUTS DE TRAVAILLEUR.
“AUX VILLES DU CENTRE”. J’y appris le métier de vendeur, que ma famille connaissait bien. Je commençais à 7h du matin. Nous sortions d’abord le matériel pour l’installation de la marchandise sur nos épaules. Cela durait 1 heure et nous servait de culture physique. Après avoir placé les dernières étiquettes, nous retirions nos blouses et nous attendions la clientèle, hiver comme été. Le soir nous faisions la manœuvre inverse. Cette activité ne me déplaisait pas, je savais bien qu’il fallait commencer par là.

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