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29/05/2008

MES PARENTS.MES PLUS ANCIENS SOUVENIRS

A l’école, mon père s’était fait remarquer par son assiduité et son attention. Sur intervention du curé de BOURG-LASTIC, mon père Antoine fut envoyé au collège de TAUVES (63), puis au séminaire de LAVAL (53). N’avait-il pas la foi ? , je ne sais, car il ne nous a jamais parlé de cette période de sa vie. Il quitte ce collège et vint travailler à PARIS, dans le magasin où ma grand-mère Félicie était caissière. Pour l’époque il avait une excellente instruction et une présentation impeccable. Ma mère y était également vendeuse aussi l’amour fit le reste. Ils se marièrent le 3 Octobre 1885 à PARIS (l7eme). Mon père avait 27 ans, ma mère 22 ans. Le 9 Octobre 1886 naissait mon frère Félix, puis 10 mois plus tard mon frère Émile arrivait. Mon frère Jean le 20 Janvier 1889 et moi-même le 26 Octobre 1897 (après une fausse couche qui aurait été également un garçon). Aussi quand j’étais sur le point de venir au monde, mes parents, prenant leurs désirs pour une réalité s’attendaient à voir arriver une fille qui aurait été prénommée Madeleine
Parait-il, j’étais très vigoureux et ma mère m’a souvent raconté la frayeur de la sage femme qui venant de me poser sur le lit et s’étant mise à s’occuper de ma mère, s’aperçut tout à coup que j’étais déjà rendu au pied du lit. Mon père était tellement fier de raconter cela à ses collègues du “BON MARCHE” qu’ils me surnommèrent “le colosse” qui me resta très longtemps.
(A 76 ans ½ quand je vous raconte cela (en 1973), je m’amuse car tout perclus que je suis, je me rends compte du long chemin parcouru).

MES PLUS ANCIENS SOUVENIRS

Je me revois, encore en robe, comme il était d’usage (ou de mode) à cette époque, avec des grandes boucles blondes ( !) très contrarié et pleurnichant parce que le coiffeur était venu à la maison pour me transformer en “garçon” ; je devais tout juste avoir trois ans, à la même époque, dans le jardin de 1000 m2 environ que mes parents avaient loué (bd National), il y avait outre des légumes du potager, de la vigne et des cerises. Un jour que mon père procédait à un échenillage, et faisait brûler des branches chargées de toiles grisâtres contenant ces bestioles, je ne fis rien de mieux que d’empoigner une branche en flammes et de gesticuler avec. Mon frère Félix, qui devait avoir 14 ou 15 ans, aidait mon père et fut brûlé légèrement par mes gamineries. J’ai probablement reçu une fessée (ou toute autre taloche) bien méritée, mais je n’ai pas souvenance...
Puis ce fût, un peu plus tard, mon premier voyage à l’occasion des vacances de mon père, pour aller à VOUZIERS (08), pays de ma grand-mère Félicie et de sa sœur. Nous avions été reçus par une grand-tante et j’avais été chouchouté par elle et surtout par sa fille. Ma grand-mère était très heureuse de revoir son pays natal et ses amis d’enfance.
Mon père avait été entraîné à une partie de pêche dans l’AISNE par le cousin. Ils revinrent tous deux à la maison avec un barbot de 85cm de long. Ce fût un événement dans le pays, aussi, un ami du cousin, correspondant du journal local, avait rédigé un article avec une photo du poisson et des deux pêcheurs. Beaucoup plus tard, nous apprîmes la vérité de la bouche de mon père. C’était un brave pêcheur du coin, qui ne sachant que faire d’une si belle pièce, était venu la proposer au cousin pour 5Frs. Mon père n’hésita pas et glissa une “thune” dans la main du pêcheur. A l’époque peu de gens gagnaient cette somme dans une journée de travail (aussi le gars était-il enchanté de sa journée).
Pour moi, mon père avait été “formidable” bien que cette expression n’était pas employée, ce qui explique que ce voyage est particulièrement bien gravé dans ma mémoire.

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