Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/05/2008

MA RENCONTRE AVEC UN BARYTON D ‘ OPERA.

Pour en revenir à l’Hôpital de la Rue d’ALESIA, j’y fis la connaissance d’un baryton d’Opéra, CABUZAC, il était de TOULOUSE, et avait, comme beaucoup de ses compatriotes, une voix pour faire un chanteur. Sa voix était puissante et bien timbrée. Il connaissait bien la science du chant. Il était invité à donner une audition chez des particuliers. Il avait chanté à l’Opéra de MONTE-CARLO et le Directeur qui l’avait entendu, lui avait dit “Si votre jambe peut être arrangée, je vous ferai rentrer à l’opéra de PARIS”.
CABUZAC avait été blessé très gravement à une jambe. A cette époque les greffes d’os ne paraissaient pas être employées. Hélas, le pauvre gars avait un raccourcissement de la jambe de onze centimètres ; Or à l’opéra de PARIS, il lui aurait fallu jouer le répertoire, et certains rôles se jouaient en collants ! , Un appareillage n’était pas possible. Il ne devait plus tard, que donner des auditions à la Radio ou chez des particuliers. Quant à moi, ainsi que je l’ai déjà signalé, j’étais donc à l’hôpital. Rue d’ALESIA à PARIS dans le 13ème arrondissement, et j ‘avais la facilité de sortir comme je le voulais. C’était au cours de l’été 1917.

LA CONGESTION CEREBRALE DE MON PERE.

Donc, pendant l’été 1917, je passais tous mes Dimanches avec mon père, (ma mère était restée à CHAMALIERRES avec sa mère et sa tante Émilie). Un Dimanche, il fut convenu que ma belle-sœur Paulette (la femme de mon frère Émile), viendrait déjeuner avec nous. Elle avait leur fille Suzanne qui avait trois ans. Après le déjeuner nous allâmes aux TUILERIES, pour écouter un concert donné dans les jardins autour du kiosque, Paulette conduisait Suzanne autour du bassin et voir “GUIGNOL”. Il faisait très chaud, mon père se renversa sur sa chaise, inerte, frappé d’une congestion cérébrale. Une infirmière qui se trouvait par hasard, à proximité me dit ”coupez-lui vite le lobe de l’oreille pour le faire saigner. Ce que je fis aussitôt avec mon couteau de poche. Paulette arriva auprès de nous, un agent nous ramena à la maison ; l’infirmière avait ajouté : “Il faudra le coucher, lui mettre de la glace sur la tête et des sinapismes aux pieds”. C’est ce que je fis avec l’aide de l’agent. Nous habitions au 6ème étage je m’évanouissais. Une fois allongé, je revins à moi rapidement, cet agent avait été très complaisant. Le docteur arriva en fin d’après-midi. Il écouta nos explications, et dit “C’est parfait, retenez bien ceci : tête froide, ventre libre, pieds chauds”. (Je crois me souvenir que c’est à partir de cette époque que ma mère, laissant les deux pauvres vieilles à CHAMALIERES, revint vivre à PARIS, jusqu’à ce que mon père aille mieux et puisse reprendre son travail).
Au cours de l’hiver 1917/1918 j’eus l’occasion de revoir mes frères Jean et Émile (Émile était déjà marié et papa). Quant à Félix il était prisonnier. Après une convalescence, je rejoignis mon dépôt situé à MENTON (ALPES MARITIMES), le 10 Janvier 1918. J’y fus peu de temps, cependant, un jour, je fus appelé au bureau de la Compagnie et le Capitaine me dit “Mettez-vous en tenue de sortie, car vous irez chez la marraine du Bataillon, elle a un peintre chez elle qui voudrait peindre un chasseur.” Elle avait une somptueuse villa sur la promenade des Anglais, Madame WHITNEY était américaine et pouvait avoir cinquante soixante ans. Un valet de chambre vint m’ouvrir la porte et me conduire au salon. Elle, (Mme WHITNEY), me fit asseoir et me demanda des renseignements sur ma famille et me fixa un jour pour que l’artiste puisse faire son premier croquis. Je revins quelques jours après pour lui dire que j ‘avais une permission pour PARIS et que je m’excusais de ne pouvoir donner suite à son invitation. Elle appela son valet de chambre et lui donna des ordres. Quand elle revint, elle me remit une panière en roseaux garnie de fleurs et de mimosa pour ma mère.

Les commentaires sont fermés.