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29/05/2008

LE PRELUDE DE LA DEFAITE.

J’avais repris une chambre, chez le receveur buraliste de MONTCORNET, mais située au rez-de-chaussée, sur une placette. J’observais les troupes cantonnées au cours de mes déplacements, les soldats paraissaient désœuvrés et inconscients de ce qui pouvait leur arriver d’un jour à l’autre. Je voyais passer régulièrement la relève des hommes de garde du train de munitions. Ils n’étaient même pas armés. On me dit en effet qu’ils laissaient leur fusil au cantonnement et prenaient ceux de la garde précédente. Ce n’était pas normal, des parachutistes allemands pouvaient attaquer la gare où se trouvaient les trains de munitions .Les quelques fusils du poste n’auraient pas pu empêcher un sabotage. On parlait beaucoup de la cinquième Colonne, (composée d’espions et de traites). C’était grave, on le vit bien au mois de Mai, Hélas !!
Les cantonnements étaient mal tenus, des tas d’ordures stationnaient près des portes, attirant les rats. Désœuvrés, les hommes passaient leur temps au café, avec toutes les conséquences que cela comportait.
Le Commandement ne paraissait pas s’en apercevoir, pourtant, l’Etat-Major d’étapes était à MONTCORNET. Toutes les différentes armes s’y trouvaient ainsi que les divers services. Les unités étaient réparties autour de ses deux gros bourgs et tous les officiers supérieurs ou généraux ne pouvaient pas ignorer ce qui se passait sous leurs yeux.
J’avais droit à un congé de six jours, je vais donc à LONGPONT,

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Samedi 4 Mai 1940, pour y passer les fêtes de PENTECOTES en famille et, en même temps, mettre mon petit jardin en état.
J’avais pris le train, mais j’avais ma cantine et mon vélo aux bagages, afin de pouvoir être libre de mes mouvements, si j’étais obligé de me déplacer dans le train. Le temps était beau et c’était idéal pour une offensive.
Pendant cette courte période de congés, j’ai donc travaillé au jardin. Il faisait très chaud, je fus piqué par une bestiole, je n’y pris pas attention, c’était un tort, je devais m’en apercevoir par la suite. Il se forma un anthrax, dix jours après, la piqûre me faisait de plus en plus mal; l’anthrax grossissait, les événements ne me permirent pas de me soigner sérieusement finalement. Ce fut le 18 Mai qu’un Docteur s’en occupât, j’en reparlerai plus loin.

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