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29/05/2008

La Somme

Je repris ensuite contact avec mon unité (qui était au repos dans la région). Et nous préparions NOEL 1915.
Au début de Janvier 1916, je fus pris de coliques terribles et le Major diagnostiqua une crise d’appendicite. Je fus évacué dans une autre école à DOULLENS où je fus opéré quelques temps après. J’avais été endormi au chloroforme et je vomissais continuellement (les répercutions sur le ventre me faisait terriblement souffrir). Je fus envoyé à PONTIVY pour achever de me remettre. Je pus au mois de Mars 1916 rejoindre mon dépôt au fort de NOISY LE SEC. Je fus remis dans le rang, où je retrouvais mes anciens copains de la classe 1916. Je fus désigné comme instructeur de la classe 1917 qui venait d’être appelée. Le capitaine me fit appeler et me dit : “Tous vos camarades du peloton ont été nommés chasseurs de 1 ère classe. Vous serez donc nommé à la date du 16 Avril 1916.
Le 16 Septembre 1916 je fus nommé caporal afin d’encadrer un renfort qui partait pour le 27ème B.C.A (Bataillon de Chasseurs Alpins). Le 1er Octobre 1916 je fus appelé à la 5ème Compagnie. Nous étions au repos à GAILLEFONTAINE dans la SEINE MARITIME et tout près de la SOMME. Nous fûmes passés en revue par le colonel MESSING, ancien ministre de la guerre, qui commandait la 6eme Brigade de Chasseurs Alpins composée des 6ème,27ème, 28ème B.C.A et considérée comme une troupe d’élite (qui venait de se distinguer le 4 et le 12 Septembre 1916 en enlevant BOUCHAVESNES ). Je revois dans mon esprit le Colonel, à cheval, au milieu des trois bataillons formés en carré et nous criant “Chasseurs, vous allez avoir l’honneur de retourner dans la SOMME. Je compte sur vous tous pour que vous ne vous ne vous contentiez pas de faire que des prisonniers. C’est une guerre à tuer. Il faudra rapporter du sang dans vos bidons !”. Nous n’étions pas dupes et faisions la part de l’exagération. Nos jeunes officiers et aspirants, malgré le “garde à vous” impeccable risquèrent un bref coup d’œil qui en disait long.
J’ai eu peu après, la rare occasion de me trouver à proximité de la pièce de son P.C (du colonel), d’où il téléphonait à un officier qui était en première ligne : ”Commandant, il faut absolument que les parallèles de départ soient creusées cette nuit. Tant pis, on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs etc. etc..”.
J’avais été désigné par mon lieutenant pour aller au devant de la compagnie qui devait nous relever. Ayant rempli ma mission, je revins au “Ravin de l’Aiguille” où se trouvait le P.C ci dessus, j’entendais le bombardement sur les premières lignes et je me disais : ”Pauvres gars qui reçoivent cela”.
Le 4 Novembre 1916, nous prîmes position dans la nuit, nous devions attaquer le 5 à 6Hoo du matin. J’avais pour mission avec mes grenadiers de “nettoyer” les abris derrière la 1ère vague. Il nous avait été distribué six grenades quadrillées à chacun.

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