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29/05/2008

La Déclaration de Guerre 1914

Ce n’est que le 1er Août à 11H environ, alors que nous étions tous les deux en train de boire notre café dans un petit bar, qu’un client arriva au comptoir et dit au patron “Ce coup-ci ça y est ! Les affiches sont posées au Ministère de la Guerre”. La mobilisation générale étant ainsi fixée au Dimanche 2 Août à 0hoo ; Mon frère devait rejoindre le 165ème Régiment à VERDUN. Comme il était prescrit, sur son fascicule de mobilisation, qu’il devait se procurer une paire de brodequins militaires, qui lui serait remboursée, il s’empressa d’aller au plus près (chez MANDFIELD) et nous allâmes dire “au revoir” à notre frère Émile qui ne partait que quelques jours après à CHALONS SUR MARNE, rejoindre son régiment au 5ème chasseurs à cheval. De son coté mon frère Félix rejoignait le 113ème Régiment à BLOIS. Le Dimanche je partis avec Jean à la gare de l’EST et je fus témoin de l’enthousiasme des réservistes... Quelques jours plus tard, j’en fis autant pour mon frère Émile. J’allais le chercher chez lui, Avenue Victor HUGO. Il était en tenue militaire de l’époque : tunique bleu ciel, pantalon garance, Képi rouge et bleu. Quand il sortit de l’immeuble les passants crièrent “VIVE L’ARMEE” et mon frère répondit “VIVE LA FRANCE” ! Ces deux cris reflétaient bien le sentiment général du moment, mon frère avait cru devoir faire passer la FRANCE avant 1’ARMEE. Il avait été bien convenu avec mes frères que je devais retourner chez nos parents mais il me fallait attendre que les trains puissent amener les civils après la mobilisation. Je crois me souvenir que je partis le 19 Août et le voyage PARIS-CLERMONT FERRAND dura une nuit et une partie de la journée.
Enfin, je me retrouvais en famille dans l’angoisse générale de ce qui allait se passer. Une fois de plus mon oncle François me vint en aide en me trouvant un emploi chez un grossiste, draps, linge de corps, bonneterie etc. . . . Je gagnais 100 FF par mois, ce qui était bien pour un jeune homme de 17 ans. J’étais à 10mn à pieds de chez mes parents. Dans cette maison de commerce régnait une excellente ambiance, les deux patrons “DUCHE & MAGE” étaient bien “braves”. Le chef de rayon aussi et au dehors j’avais retrouvé mes anciens copains des “VILLES DU CENTRE”. Nous sortîmes ensemble et nous faisions partie des “FRANCS ARVENNES”, société sportive où nous faisions de la préparation militaire et en conséquence du tir, du saut, de la boxe. Cela me servit beaucoup en arrivant au 26ème B.C.P en 1915, où je m’étais engagé pour la durée de la guerre. A la 1ère séance de tir au fusil “LEBEL” à 200 mètres, on me fit coucher et l’on m’indiqua la cible, avec un centre noir gros comme une assiette. Une balle au centre comptant deux points, dans la cible : un point, et zéro en dehors. L’instructeur, dès les huit balles tirées annonça le résultat : “Huit balles : seize points”. Le sergent, qui surveillait s’écriât : “Ce n'est pas possible, recommencez” : 2eme séance : pareil “huit balles : seize points”. Alors en rentrant au fort de NOISY LE SEC ; j’eus droit à un interrogatoire en règle par le capitaine. Cela me valu la haute considération des gradés et des copains.
Le groupe cycliste du 26ème B.C.P était indépendant des autres unités de ce bataillon. En campagne, il était un des éléments de la 1ère Division de Cavalerie, comprenant six régiments de dragons cuirassiers, hussards ou chasseurs à cheval. Le groupe cycliste permettait à cette époque un déplacement rapide et lointain, puisque nous faisions souvent des étapes de cent kilomètres avec tout le “barda”. Au fort de NOISY LE SEC, où nous étions cantonnés, la classe 1916 était arrivée depuis peu et je fis une instruction militaire avec eux et j’avais été affecté au peloton des élèves caporaux. Nous allions très souvent faire des exercices au polygone de VINCENNES et je me retrouvais dans mon pays natal

Commentaires

Je suis impressionné par toutes ces informations utiles beaucoup plus intéréssant que prévu.Merci

Écrit par : gants boxe | 10/05/2010

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