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28/05/2008

LES ALLEMANDS CONTINUENT À AVANCER

Au fur et à mesure qu’ils approchaient nous étions de plus en plus nerveux. Quand ils furent à ROUEN, et qu’un certain Dimanche les stocks de carburant furent incendiés, toute la région OUEST de la FRANCE fut plongée dans une demi obscurité. C’était sinistre !!!.!.
Quelques jours après, nous apprîmes que certaines Directions préparaient leur repli. La nôtre n’avait pas encore d’ordre. (Les replis individuels, comme moi, ne savaient pas s’ils devaient suivre leur Direction d’origine ou la provisoire). Nous sommes allés demander au Préfet des ordres à ce sujet, son bureau était envahi aussi bien par des hommes que par des femmes, de toutes administrations. Le Préfet ne savait pas quoi nous répondre, il nous recommandait de rester calmes, il n’avait aucune liaison avec le Ministère, il ne pouvait rien dire, ni rien faire.
Mon chef de service, M. PETANGUE, avait chargé sa voiture, comptant emmener sa femme, sa propriétaire, le plus de linge possible et les objets de valeur. Un matin, au petit jour, je fis un tour à Saint LÔ, je n’étais pas le seul et nous étions tous nerveux. Je rencontrais ainsi notre Directeur qui, m’apercevant, me dit : “M. RENOUX, il y a du nouveau, je viens d’apprendre que les P.T.T s’apprêtent à partir ainsi que la Trésorerie Générale. Il est question que les mobilisables et les affectés spéciaux pourraient partir par leurs propres moyens. Allez donc le dire à M. PETANGUE”. Ce que je fis, M. PETANGUE me posa la question “Et vous? Comment allez vous partir?”- ”Je ne sais pas encore, j’attends d’être payé pour prendre une décision, je m’achèterai un vélo et j’irai prendre un bateau pour les Iles de JERSEY ou de GUERNESEY et rejoindre l’ANGLETERRE”. (Cela, avant l’appel de DE GAULE). M. PETANGUE me dit “Si vous voulez, je vous emmènerai avec nous, nous allons modifier le chargement de la voiture” -”Entendu! lui dis-je, mais avant il faut aller à la Direction, il va être 9Hoo”. Nous partîmes et dans les bureaux, nous rencontrâmes des collègues qui ne partageaient pas notre point de vue et préféraient rester sur place. Je leur dis, ”Je vous comprends, vous pensez que tout se passera bien, votre maison est intacte, vous aimez mieux rester, je ne suis pas dans le même cas que vous. Tenez, voilà ce qu’il me reste, (Ceci en tapant sur la musette que j’avais sur moi et qui contenait mon linge de rechange), je ne sais même pas si je reverrai ma famille, alors je vais essayer à me caser ou à me rapprocher des miens!!”. Ils me répondirent que si je descendais sur BORDEAUX, les colonnes Allemandes nous couperaient la route avant. ”Peut-être, répondis-je, mais ce que je sais, c’est qu’en ne partant pas, je n’arriverai pas!”. Les papiers en règle, nous nous rendîmes à la Trésorerie Générale, où l’on nous paya trois mois de traitement d’avance.

DIRECTION SUD-EST: Saint LÔ, POITIERS, .BORDEAUX

23:18 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

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