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28/05/2008

JEUDI 16 MAI 1940.

Ma femme ouvre le bureau de poste, comme d’habitude, et raconte à ses deux facteurs ce que j’avais vu et entendu, donc mon retour auprès des miens. Mme MONQUET, propriétaire de la ferme de la Grange me téléphone; elle me demande si c’est exact que les Allemands sont à MONTCORNET, sur ma réponse positive, elle me dit, ”Mon fils ne s’était donc pas trompé”. En sortant, je me rends sur la place et j’aperçois le Maire qui marche sur moi en me criant “C’est honteux de faire courir des bruits semblables, vous mériteriez d’être arrêté”, j’étais stupéfait de cet accueil, et, en apercevant au loin des soldats venant de S0ISSONS, sans veste, montés sur des chevaux à peine sellés, et qui ont l’air ahuri et effrayé, je réponds au Maire, “Demandez Donc à ces gars-là, pourquoi ils sont ici, et vous verrez bien si j’ai menti” .Le Maire discuta avec ces soldats, cela a du être efficace car j’appris après que le Maire était parti avec sa femme dans la direction de VILLERS-COTTERETS !!!.
Dans la matinée, Mme DOLLE, (1a femme d’un facteur qui remplaçait son mari mobilisé), dit à ma femme ”La voiture de mon mari est au garage, mais elle est en panne, si M. RENOUX pouvait la remettre en état, elle pourrait nous être utile”. Après examen, je vis qu’en effet la cuve du carburateur fuyait. La vis de la bride qui retenait cette cuve en avait usé le fond et fait un trou. Je lui en fis part et lui demandais de regarder dans les anciens outils de son mari, (qui était plombier avant d’être facteur), s’il n’y aurait pas un fer à souder, du décapant, une baguette de soudure, elle me ramena ce que je demandais, et je me mis au travail. A cette époque, il existait encore des pièces de monnaie en bronze de cinq et dix centimes. Je pris une pièce de dix centimes, bien passée à la toile émeri, ainsi que le fond de la cuve, et je fis chauffer le fer à souder sur mon réchaud à gaz, et avec la soudure, je pus fixer la pièce au fond de la cuve. Après m’être assuré qu’il n’y avait plus de fuite, je fis un essai qui fut concluant, la voiture pouvait rouler. C’était une 10 CV RENAULT, en très bon état. Mme DOLLE, (DOLLÉ) fit une proposition à ma femme, ”Je ne sais pas conduire, si M. RENOUX veut bien, nous pourrions partir ensemble”. Ma femme lui répondit qu’en tant que Receveuse des Postes, elle ne pouvait pas partir sans ordre, en revanche, elle dit que je pouvais conduire la voiture en amenant les deux enfants DOLLE, leur maman et Janine. Mes deux gars, (Claude, 14 ans, et Pierre, 16 ans) partiraient en vélo. De plus, je ne pouvais pas rester à LONGPONT, il me fallait reprendre contact avec mon administration. Nous décidâmes de partir le lendemain, aussitôt après le repas de midi. Je fis une visite au train militaire qui était en gare depuis longtemps pour me faire soigner mon anthrax, (contracté le 5 Mai par une bestiole, piqûre dans le jardin). Cet anthrax devenait de plus en plus gros et me faisait sérieusement souffrir

23:21 Publié dans Exode 1940 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Exode

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